Revue égyptologique — 5.1887/​88

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William N. G-roff.

Le pronom absolu de la première personne du singulier est 'OJK, qui, je crois, est la forme
primitive, ou sjS qui s'abrège et passe en pronom suffixe dans la forme % comme com-
plément d'un verbe ; î"1 se joint au nom ou à une préposition ; et nous retrouvons l'K comme
préformante de la lrc pers. sing. de l'aoriste.1 En résumé, nous avons la série \ ^, K qui
se rattachent au pronom absolu qui lui-même équivaut à "OSK.

En égyptien, le pronom absolu de la première personne du singulier est nulc ou
(j ^ ùnuk- = "Ç,a- voilà un accord entre les deux langues, quant au pronom absolu, mais
en se séparant du tronc primitif, à une époque qu'on ne peut que soupçonner, chacune
a suivi une marche indépendante dans le développement de ses pronoms dérivés. C'est
donc, selon nous, à cette racine primitive anuk, «moi» = «je suis», en égyptien aussi bien
que chez les Sémites, que se rattachaient ou, pour mieux dire, c'est de cette racine que sont
sortis, chacun avec son emploi spécial, les pronoms si divers en apparence de la lro pers. du sing.

I. Le pronom sujet se présente en égyptien sous les formes :

1° Idéographique. ^,3 etc. Cette forme pouvait remplacer la

2° Phonétique; laquelle se subdivise en :

f\ f\ A/VWAA

A. (I d4 est l'indice de la lre pers. du sing. (cf. Il , eaion au plur.). « Les papyrus
«démotiques de l'époque saïte, comme les documents hiéroglyphiques de la même époque,
» n'écrivent pas l'affixe de la lrc pers. Il en est encore de même sous les Perses.» 5 Ce pro-
nom reparaît dans le démotique plus récent sous la forme m i, forme que le copte a con-
servée, i.

] En assyrien le seul temps conjugué, dans lequel les personnes sont indiquées par des préforma-
tives, est l'aoriste; la lru pers. du sing. est indiquée par l'K. Le pronom régime est 'i, et le pronom pos-
sessif est \

- On trouve ^ ^ ou >—,x>, (j ^ ou (j^jj . ^> Bt au féminin (j . ^fj (aussi
Ces formes ont la même valeur que celles que nous venons d'indiquer, mais elles sont augmentées par
le déterminatif idéographique de la personne qui, dans ce rôle, croyons-nous, ne se lisait pas (il y a
quelques indices qu'on le lisait quelquefois à ou peut-être ■«), mais lorsqu'il remplaçait un pronom, on devait
le lire ainsi qu'on aurait lu le pronom phonétique, soit sujet, soit régime. Le petit trait I doit être une
simple variante graphique de la personne assise, de même que i i i doit remplacer une ancienne forme de

trois personnes (et le w deux = duel?). L'existence persistante sous l'ancien empire de la forme nuk
(qui se retrouve pourtant dans le démotique sous la forme 7iouk, Bu., G. d., § 207) me fait soup-

çonner une forme correspondante dans les langues sémitiques: (est-ce J JtJ'O à moins qu'on ne veuille y
voir une abréviation de (j ùnuk = l'assyr. yj *~JfcJ a-na-ku (133N), mais en tout cas, le tait que

anuk se trouve dans les deux langues, indiquerait son existence à une époque très ancienne. Il est vocalisé
en hébreu *::N (en phén. Abydos, voy. C. I. S., 103 c, etc.) dans le papyrus démotique de très basse époque,

sous l'influence sémitique, on a trouvé III à-nu-ki (avec P1 final), mais cette l'orme tout-à-fait ex-

ceptionnelle ne se retrouve pas dans les documents égyptiens des époques antérieures pas plus que dans le
copte qui a conservé la vraie forme soum.

3 Elle se lisait probablement selon la lecture de la personne qu'elle remplaçait, par exemple

nuter, etc. Je crois qu'il est bien possible qu'en égyptien le pronom possessif de la lro pers. du sing.
se lût i.

4 Quant à la valeur phonétique de (j, elle semble correspondre exactement à VU sémitique, car

tandis que ce sont les voyelles du son a qui se rapportent à K, d'après les Massorètes, il peut être quies-
cent avec toutes les voyelles.

5 SI. Revillout, Revue arehéoL, 1885, p. 258, note 3.
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