Revue égyptologique — 14.1914

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Eugène Rbvillout.

les autres verbes, qui se terminent par un hé et qui forment une classe très nombreuse en
hébreu, ne portent pas de mappik et se conjuguent d'une manière très différente.

Gésénius, ne connaissant pas l'influence réelle du mappik, croyait que le hé mappiké
devait être assimilé au hheth, qu'il devait, comme lui, attirer dans la syllabe qu'il fermait
un pathah, furtif ou non furtif. Il était naturel alors de supposer que les véritables lamed-hé,
ceux qui avaient eu dès l'origine un hé pour troisième radicale, avaient dû faire valoir cette
lettre autant que possible, et par conséquent la munir de ce mappik, pour lui donner toute
la puissance des gutturales les moins débiles. Le hé qui termine les autres verbes pouvait
être, pour quelques-uns, considéré, comme résultant de la transformation, soit d'un iod, soit
d'un vaf; et ceux qui, comme i"H3 manquer de force, nru guérir, etc., ayant les mêmes
lettres en arabe, se trouvaient échapper à cette explication, ils avaient dû, suivant Gésénius,
suivre l'exemple des précédents, bien que leur hé fut vraiment radical.

Il nous semble que maintenant on doit admettre le contraire, puisque le hé mappiké
n'est pas réellement l'équivalent du hheth. Ce qui s'est écarté du type régulier, ce n'est pas
la foule des verbes dont la troisième radicale est quiescente; ce sont seulement les quatre
verbes qui se terminent par un hé mappiké. On les a munis d'un mappik, parce que c'était
le seul moyen de masquer un peu la distance qui les séparait des lamed-hbeth; puis on les
a conjugués sur le modèle des lamed-hheth, comme on conjuguait certains lamed-hé sur le
modèle des lamed-aleph, et d'autre part certains lamed-aleph sur le modèle des lamed-hé.
Ces permutations de formes sont fréquentes en hébreu ou l'on se préoccupe de trouver tou-
jours des transitions entre classes voisines.

Nous venons d'établir que les aspirées ne se comportent pas toutes de même lorsqu'étant
quiescentes, elles ferment la syllabe; nous devons ajouter que les deux, le hé et l'alepb,
qui peuvent être quiescentes sans fermer une syllabe, conservent encore quelque chose de
la nature lorsqu'elles sont muettes, et peuvent même alors influencer, chacune à sa manière,
les voyelles précédentes.

Nous traiterons ce sujet avec plus de détails dans le chapitre des muettes; mais dès
à présent il est bon de faire comprendre notre pensée par un exemple.

A la fin des mots, le hé muet possède encore en cette qualité une certaine prédilection
pour le kamets (dans la Genèse, sur deux mille trente-deux liés muets finaux, treize cent
quarante-huit, deux sur trois, se trouvent à la suite de kamets; dans le lévitique la propor-
tion est encore plus forte; elle atteint presque trois sur quatre : neuf cents dix-neuf sur
treize cents quarante-sept). Malgré cela, le hé muet ne paraît pas changer les conditions
dans lesquelles le kametz se trouvait s'il terminait le mot.

Ainsi lorsqu'un mot est uni par un makkaph à un mot précédent dont la dernière con-
sonne porte un kamets, il prend dans sa première consonne un daguesch de redoublement;
comme nous le verrons dans une autre partie de ce mémoire (Krrvt^l Genèse 40, 14, etc.),
de même lorsque le premier mot est terminé par un hé muet précédé d'un kamets, le mot
suivant qui lui est uni par un makkaph prend d'ordinaire dans sa première lettre un
daguesch de redoublement. Ainsi, dans la Genèse, sur dix-huit exemples de mots unis par
un makkaph et dont le second commence par une consonne susceptible de recevoir un da-
guesch, le premier se terminant par un hé muet précédé- d'un kamets, quatorze fois nous
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