Revue égyptologique — 14.1914

Page: 116
DOI issue: DOI article: DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/revue_egyptologique1914/0126
License: Free access  - all rights reserved Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
116

Eugène Eevillout. Le syllabaire démotique.

l'alphabet, comme le gpppa, à une époque où les égyptiens, qui le laissèrent plus tard aussi tomber en copte,
tenaient encore à les conserver bien distincts dans les transcriptions du déinotique. 2° Soit, pour rendre
des sons absolument étrangers à la langue grecque, et dont les figurations ont été empruntées ensuite par
les Arméniens. M. Hevillout a bien développé tous ces points dans les Mélanges d'archéologie égyptienne
en faisant remarquer que ce procédé a été appliqué aussi dans les premiers essais des inventeurs de l'alphabet
copte, c'est-à-dire par les sorciers, dont les transcriptions d'incantations égyptiennes en caractères grecs nous
sont parvenus. Souvent, ils semblent avoir hésité, du reste, entre plusieurs caractères empruntés au démo-
tique et qu'ils ont employés parallèlement. Pour le hori, par exemple, on a eu les différentes formes du
h doux et l'on trouve même en outre, dans les papyrus démotiques à transcriptions, le y ypsilon grec, ser-
vant aussi à rendre le h, sans doute parce que cette lettre initiale a ordinairement en grec l'esprit rude.

Revenons-en à l'échelle de nos voyelles égyptiennes en démotique. Généralement, alors le •-=—Q -
S = V cède là place au £7, si fréquent avec cette valeur dans les textes hiéroglyphiques de basse époque.
Le S = —11 est pourtant bien loin d'avoir disparu de la langue. Dans nos papyrus à transcriptions eux-
mêmes on trouve des mots, tels que ^.»\]—i—^]Js (acmoaci en copte), etc. Mais aucune transcription
grecque ne nous en est donnée (pas plus que dans les noms propres des contrats bilingues ptolémaïques).

Les seules transcriptions que nous possédions pour ce caractère S se trouvent dans les équivalences
données par nos papyrus gnostiques pour certains mots transcrits en hiératique et en déinotique. Mais le
s = -=—11 hiératique a en déinotique l'équivalence o = ^ 2_^iu,5^t)ib = fïï:i_iioo; i&^m&td
= fàoAJin/m} (aimer le grand soleil). Parmi les noms divins, sans cesse mentionnés, on aura aussi en
hiératique le nom do mm sous la forme ci;en<-,f£ = iey)oi et en déinotique sous les formes Hs/soui
= ic\/> u) et Fs/o u m = i t\vo. Parmi les mots hiératiques contenant le ^—n et très fréquents dans nos papyrus

à transcriptions, nous citerons aussi = cc\i (c'est littéralement satialcs ^>—n " * et

^li^S = jvÊp&cô.^ (littéralement abrasatiahs „—nJ| |-^ ^ *^*> " | ^|) ' ^° 1U0 n°us avons

dit pour le >=—n, doit se dire aussi pour (j. Nous avons le correspondant déinotique dans bien des

mots des papyrus gnostiques eux-mêmes -5-1, (j , Vil = [j'^^O, etc. Mais, par un hasard iden-
tique, jamais ce correspondant démotique n'est transcrit en grec,1 et cela aussi bien dans les papyrus
gnostiques que dans les noms propres des contrats bilingues. Au contraire, la forme hiératique, même
transcrite en grecque, se trouve souvent, soit dans les mots écrits purement en hiératico-hiéroglyphique i R i fi
= mt, n — f = cvAv.o'jrii, soit dans les mots hybrides hiératico-démotiques = a^pni."

En définitive, et ce sera notre conclusion avant d'en arriver au détail de preuves, les voyelles transcrites
dans nos papyrus gnostico-magiques ont une échelle différente de celle des voyelles hiéroglyphiques primi-
tives. Aussi intervertirons-nous ici leur ordre.

Nous commencerons par fci voyelle la plus sourde, l'aïn ^—D, dont nous étudierons ensuite les diverses
transformations dans nos papyrus à transcriptions. Nous continuerons par l'aleph 1} ou ^ et les transfor-
mations de l'un de ses dérivés aboutissant au son e, (pie l'on rendait aussi par une diphtongue et par une
ancienne consonne. Nous passerons ensuite au iod vrai, au vav et aux divers signes rendant les sons ow^et
o. Par le ou, nous abordons les consonnes proprement dites, à cause des parentés du ou et du b, et nous
terminerons par les transcriptions des autres consonnes et de quelques syllabiques.3

1 Dans Ci/ f? < I (h Q <CZ> -d> |, transcrit ^tixvapau;, l'initiale (j est négligée.

3 Le signe 0 redoublé est un i et le (j (j est transcrit ) il en déinotique. Mais on trouvo la transcription de la forme hiératique
dans les mots suivants ££>>c = ^pOTCi; % ^ ^ f/ ^ avec le signe ifu duel 3&G3^tHi avec & = ^, forme rare.
3 Co plan a été modifié par nous, comme nous l'avons dit plus haut.
loading ...