Revue égyptologique — 14.1914

Page: 151
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Sur un cas d'inceste imputé au roi Snefeu.

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La question du sens un peu flottant à attribuer au mot «fils» n'est pas nouvelle et
M. de Bissin& s'est récemment1 attaché à prouver que les termes désignant les degrés de
parenté ont parfois un caractère vague susceptible d'entraîner bien des erreurs.2

Peut-être M. Sethe, tout en faisant droit aux remarques de M. de Bissing, n'a-t-il
pas cru devoir y souscrire pour l'époque reculée où nous entraîne le texte de Gizeh. C'est ce
qui m'engage à reprendre la question et à citer, en remontant le cours du temps, les quelques
exemples qui me sont présents à la mémoire.

Un texte du tombeau de Wsr-HU à Cheikh abd el-Gurna,3 datant de Séti Ier, fournit

la généalogie suivante

A/VWVA q ■ Tl I *s| V/ 1 —-■— i a i!> 1 VAW AAA'Wv T î^JSSïSS^^i^^ V_l I I ^ aaaaaa AAAAAft

Sans même suivre M. Legrain dans ses très habiles considérations généalogiques, ten-
dant à prouver que Wsr-HU n'était même pas le propre fils de Hlpw-Snb (pas plus que
de Jj-m-htp ou de Hnéw-m[lib])!4' mais avait vécu environ deux cents ans après lui, il paraît
impossible de découvrir, pour la constitution de la famille égyptienne, une tolérance qui per-
mette de prendre au pied de la lettre la généalogie ci-dessus.

Si nous passons au Moyen Empire, nous lisons dans la célèbre stèle-limite de Semvsert III :5

0 |j| î^s «Or donc celui de mes fils qui affermira cette frontière qu'a constituée

ma Majesté, c'est que ce sera mon fils, né de moi (litt. enfanté pour moi).» Il est bien
évident que Senwsert III ne vise pas ici qu'une seule génération, mais toute sa descendance.

Tout cela n'a rien que de très connu, mais il est intéressant de poursuivre le phéno-
mène jusqu'à l'Ancien Empire. M. Sethe6 a publié après M. Fraser7 une inscription du
célèbre tombeau de Tehneh, ainsi libellée :

1 Recueil, XXVIII, 6-7.

2 M. de Bissikg s'appuie surtout sur l'inscription de Mes, dont les commentateurs, M. Moret d'abord,
puis M. Gardiner, ont signalé la généalogie embrouillée. On peut invoquer on outre, sans prétendre épuiser
les exemples : 1° l'expression s',n ht-f pour laquelle je renvoie à ce qu'est dit plus loin à propos de si
néiot n ht-f; 2° le sens collectif «descendance» applicable à si notamment dans la stèle d'Athènes publiée

par W. Spiegelberg {Recueil, XXV, 190 sqq.) : } 1>j <==> ri Q ^ aaaa^

•9 I q < /www u &L1 dJ r^^i *^=^_ —« I

jïf»= ^_0 ; 3° l'expression si mr-f ou s\-f mr-f qui constitue, comme on sait, un véritable titre,

souvent porté par d'autres personnages que le propre lils du défunt. Un cas particulièrement typique est
celui d'une stèle de la XII= dynastie du Musée Guimet (A. Moret, Catalogue, p. 9 - 11 et pl. IV, 5) :

> l . ^ /ww* -www ^S^,-. , etc. Ainsi le texte dit très nettement que le si mrf

est ici le neveu du défunt (plutôt que le cousin, comme le veut M. Moret, car l'expression sn-f n mt-f
signifie, non le frère de sa mère, mais son frère par sa mère. Cf. A. H. Gardiner, Admonitions, 44). —
Sur «père» pour «frère aîné» à l'époque grecque, cf. Witkowski, Epist. 2>riv.2, p. 74 (p. e. influences grecques).

3 Publié par R. Mond, Annales du Service, VI, 05 sqq. et commenté par G. Legrain, ib. VIII, 258 sq.

1 Restitution de Legrain.

5 L. 1)., II, 136 h.

6 Urkunden I, 32. 7 Annales du Service III, 123 sq.

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