Institut Egyptien <al-Qāhira> [Editor]
Bulletin de l'Institut Egyptien — 3.Ser. 4.1893(1894)

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inscriptions se bornant à le placer comme chef de la lre dynastie,
Thinite, laquelle, du reste, aurait résidé à Tliinis. Les dictionnaires
hiéroglyphiques mentionnent bien une certaine ville du nom de
Mêna, mais comme ville inconnue ou dont l'identification n'a pu
être faite par M. Brugsch. Et de ce qu'il a plu à quelque cicérone ou
sacristain de temple de raconter à Hérodote la légende de la fonda-
tion de Memphis par Mènes, récit parvenu ainsi jusqu'à nous, il ne
s'en suit pas que nous devons les croire tous deux sur parole.
Diodore attribue, du reste, la fondation de Memphis à un autre roi ;
il l'appelle Ouchorëus1. Il est vrai qu'en matière de chronobgie,
l'un ne mérite pas plus de créance que l'autre ; car si l'un (Hérodote)
fait de Mènes et de Meris des rois constructeurs, le premier
fondant Memphis, le second créant le lac portant son nom, l'autre
(Diodore) fait à'Ùuehoréus le constructeur de Memphis et du
roi Nilèus un ingénieur qui aurait donné son nom au fleuve
égyptien. Aussi il ne faut pas s'étonner de voir que certains éty-
mologistes de ce siècle aient fait remonter jusqu'à Ménès l'origine
du nom de Memphis, et que des chronologistes, prédécesseurs de
Champollion, aient donné le nom de Mënophrès à l'ère astronomique
que l'on sait, toute de convention du reste, soit pour rappeler l'ori-
gine du nom de Memphis, à l'horizon duquel l'observation d'un
certain lever héliaque de Sirius aurait été censée faite en Tan 1322
av. J.-C, et le 20 juillet Julien, soit encore, pour rappeler que, par
l'application de la fameuse période Sothiaque, le lever héliaque de
l'étoile dédiée à Isis avait, précisément, eu lieu à cette date, sous
Mënophrès, roi égyptien au dire de Théon d'Alexandrie, dont les
écrits remontent au iv1118 siècle.

On raconte aussi, que le grave et érudit Larcher, traducteur
d'Hérodote, enseignait que Men-Ophrès (en deux mots) signifie un
Pharaon, qui ne peut être que Sésostris, en ajoutant que Men est
une particule ajoutée par les Grecs, euphoniœ gratta2, pour l'agré-
ment de la prononciation.

Aujourd'hui, Dieu merci ! les égyptologues nous apprennent
autre chose. Néanmoins, il est curieux de noter que ce même nom
Men, Ménès ou Mena, Mêni, Mini se retrouve dieu élémentaire

1 Voir MUspero, Histoire ancienne des Peuples d'Orient, note 2, p. 43.
a Voir Yolneï, Chronologie égyptienne.
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