Institut Egyptien <al-Qāhira> [Editor]
Bulletin de l'Institut Egyptien — 3.Ser. 4.1893(1894)

Page: 218
DOI issue: DOI article: DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/bie1893/0233
License: Free access  - all rights reserved Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
- 218 —

complexes trouveront leur véritable place dans la série des mémoi-
res spéciaux que je m'empresserai de soumettre à votre jugement
au fur et à mesure des observations que je m'efforcerai de recueillir.

Mon intention aujourd'hui est de jeter seulement un rapide coup-
d'œil sur le vaste champ ouvert à ces investigations et de vous
montrer quel intérêt considérable s'attache à une étude méthodique
et approfondie de la faune égyptienne.

L'Egypte, vous le savez^ Messieurs, par sa constitution géologique
et les conditions mêmes de son existence, est une contrée unique
sur la surface du globe. Sortie tout entière du sein des eaux et
chaque année envahie par elles, elle apparaît à travers des sables
brûlants comme une longue et fertile oasis. Le Nil a créé le sol de
l'Egypte que ses flots ont apporté, pour ainsi dire, grain par grain,
du fond de l'Afrique pendant l'immense succession des siècles. A
l'est et à l'ouest de cette zone de terrain accumulée par le fleuve et
fertilisée par lui, le désert étend son aride empire. On comprend
bien alors le mot d'Hérodote si souvent répété depuis parce qu'il
est essentiellement vrai : « L'Egypte est un don du Nil ». Tout, en
effet, dépend du Nil, et si quelque accident, difficile à prévoir,
venait interrompre le cours du fleuve bienfaisant dont les anciens
Egyptiens, dans leur reconnaissance, avaient fait un dieu, le désert
aurait bientôt ressaisi sa proie.

C'est encore le Nil, Messieurs, qui semble régler, en quelque
sorte, la faune de cette vallée merveilleuse, car sa répartition,
comme vous le verrez, semble subir l'influence prépondérante de
cette origine toute spéciale du milieu dont je viens de vous parler
et des circonstances particulières qui le régissent. Deux causes prin-
cipales déterminent, en effet, l'habitat des animaux : la nourriture
et la température atmosphérique qui sont elles-mêmes intimement
liées à la nature et à l'aménagement du sol. La flore d'une contrée
est en rapport avec les animaux que l'on y trouve, et si, par une
cause quelconque, l'un de ces deux termes change, l'autre ne tarde
pas à subir, à son tour, de grandes modifications. Que les produc-
tions végétales d'un pays, naturelles ou introduites viennent à
être profondément transformées, aussitôt et à mesure que les végé-
taux diminuent ou que des plantes nouvelles les remplacent, on
voit disparaître, en partie du moins, les animaux auxquels ils ser-
loading ...