Institut Egyptien <al-Qāhira> [Editor]
Bulletin de l'Institut Egyptien — 3.Ser. 4.1893(1894)

Page: 352
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à partager cette opinion, quand le hasard m'a permis d'acquérir
une amulette qui démontre d'une façon irréfutable que, non seule-
ment l'industrie du verre existait sous la xvine dynastie, mais
encore qu'à cette époque lontaine, elle était arrivée à un très haut
degré de perfection.

La pièce que j'ai l'honneur de vous présenter a la forme d'un
losange légèrement tronqué aux extrémités de son grand diamètre.
Elle mesure 0m,060 de long, sur 0m,033 de large et est percée dans
toute sa longueur, ce qui permettait de la suspendre. Les bords
sont taillés en biseau et creusés d'une rainure destinée, peut-être,
à fixer un sertissage en métal précieux, or ou argent. L'une des
faces porte le cartouche de Ra-ma-neb, Aménotep III, le Memnon
des Grecs, l'un des plus grands rois de l'Egypte, le fondateur du
temple d'Ammon à Thèbes. Sur l'autre face on lit le cartouche de
la reine Taia ou Tii, femme d'Aménophis III. Ce losange, détérioré
en plusieurs points, avait dû être jeté au rebut malgré les noms
augustes qu'il portait. Dans la terre, l'humidité et les sels ont terni
son éclat à la surface, mais avec un bon éclairage on voit encore
par transparence la belle couleur bleue primitive du verre.

D'après les renseignements que j'ai recueillis, et, que j'ai tout
lieu de croire exacts, la pièce a été trouvée dans les ruines de
Memphis. Elle me semble provenir d'une fabrique de la Moyenne-
Egypte, de celles sans doute dont les ouvriers sont représentés dans
les hypogées de Béni-Hassan. Voici les raisons qui me portent à le
croire :

Au cours de mes recherches j'ai réuni une nombreuse collection
de diverses époques et surtout de l'époque arabe ; poids, estampilles,
amulettes, flacons, etc.

Parmi ces derniers, il en existe plusieurs trouvés aux environs
de Rhodah. Ils présentent la belle teinte bleue que vous observez
dans la pendeloque que je mets sous vos yeux. Des amulettes,
bleues également et datant probablement de l'époque ptolémaïque,
portent sur l'une de leurs faces, un Ibis, oiseau consacré à Thoth,
elles viennent de la même région. C'est à Achmounein, sur la rive
gauche du Nil, à quelques kilomètres de Rhodah, presque en face
de l'ancienne Antinoé, sur les terres de la Daïra Sanieh, que se
trouvent les ruines de la fabrique dont l'emplacement est marqué
par d'énormes monticules de scories et de débris.
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