Blouet, Abel [Editor]; Ravoisié, Amable [Editor]
Expedition scientifique de Morée: ordonnée par le Gouvernement Français ; Architecture, Sculptures, Inscriptions et Vues du Péloponèse, des Cyclades et de l'Attique (Band 2) — Paris, 1833

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ROUTE D'OLYMPIE A NEROVITZA (ALIPHERA>

Pendant que les fouilles se continuaient au temple d'Olympie, nous résolûmes, M. Poirot et
moi, d'aller faire une excursion dans l'Areadie, afin de visiter les ruines du temple dApollon, à
Basss. Le i5 mai, après avoir, toutefois, laissé M. Ravoisié pour surveiller le travail pendant notre absence,
nous nous mîmes en chemin. La route que nous suivîmes va, en remontant le cours de l'Alphée , à
l'E.S.E., à travers une vallée qui se rétrécit de plus en plus, et qui, pendant quelque temps encore,
conserve le même aspect qu'à Olympie- A peu de distance, au-dessus de la petite rivière de
Miraca, la vallée de l'Alphée, ombragée de platanes, de myrtes, de lentisques et d'oliviers, forme,
avec les montagnes couvertes de pins qui la bordent de chaque côté et le beau fond qui la termine,
un paysage des plus riants et des plus majestueux. Après avoir tourné la pointe élevée de Paleo
Phanaro, sur laquelle, suivant M. Gell, se trouve un village et une acropole antique, la route
prend la direction du S.E., et conduit aux bords de la Dogana, l'ancienne Erymanthe, laquelle,
près de là, perd son nom, en mêlant ses eaux à celles de l'Alphée. Le cours de cette rivière,
que nous passâmes à gué, ne laisse pas d'être rapide : le lit en a été beaucoup agrandi par les débor-,
déments. Elle coule entre deux chaînes de montagnes, dont les cimes n'offrent que des roches caver-
neuses : à son embouchure, près de l'Alphée, on trouve un grand tumulus tronqué.

Après avoir traversé l'Érymanthe, en continuant à remonter le cours de l'Alphée, on arrive, en
trois quarts d'heure, aux bords d'une autre rivière appelée Landona, corruption bien évidente de
Ladon son ancien nom. Ainsi que l'Erymanthe, cette rivière, qui sort des montagnes de l'Areadie,
va se jeter dans l'Alphée, près de l'endroit où nous la passâmes. Nous y trouvâmes assez d'eau pour
être obligés de nous servir de la barque que des paysans entretiennent pour l'usage des voyageurs.
Peu loin de là, au-dessus du Ladon, nous traversâmes l'Alphée, et nous longeâmes l'autre rive
en remontant encore. Ce ne sont pas des montagnes couronnées de pins qui bordent, comme plus
bas, ce fleuve, mais des buissons de chênes, de lentisques et autres arbustes, qui divisent des prairies,
en partie cultivées.

C'est en sortant de Bargi, village situé sur un coteau, qu'on quitte les bords de l'Alphée, et qu'on
entre dans les montagnes, en se dirigeant au S., vers Rongogio, autre village, où nous arrivâmes
après avoir monté long-temps. La position de celui-ci, à l'extrémité d'une vallée, est admirable.
Derrière est un plateau où l'on aperçoit quelques débris de constructions. Cet ensemble est dominé par
un plateau très-élevé , sur lequel sont les restes de l'antique Aliphera, aujourd'hui Nerovitza.

ROUTE D'OLYMPIE A HEROVITZA ( ALIPIIERA ).

En partant de la petite rivière de Miraca, et en se dirigeant à l'E.S.E., après avoir traversé trois ruisseaux, on arrive, en 58 minutes,
vis-à-vis Paleo Phanaro. Après six autres ruisseaux ou petites rivières, à 2 h. 10 m. on en traverse un septième sur un petit pont
en maçonnerie. A 17 m. la Dogana (l'Érymanthe); près de son embouchure, un grand tumulus. A 36 m. une petite rivière.
A 10 m. la rivière Landona (Ladon). A 22 m. on traverse l'Alphée. En remontant sur la rive opposée, à 24 m. un petit village.
A 5 m. une petite rivière. A 18 m. Bargi, village. A l3 m. on entre dans les montagnes. A 55 m. débris de constructions formant
tumulus. A 27 m. un ruisseau et une fontaine. A 5 m. Rongogio, village. A l3 m. quantité de débris de constructions modernes.
A 14 m. on se trouve au-dessous de l'acropole antique d'Aliphera.

Total de la route, 8 heures 47 minutes.

NEROVITZA (ALIPHERA).

Cette ville, située sur le point le plus élevé des montagnes environnantes, a conservé les murs de
son acropole, à l'extrémité de laquelle se trouve l'enceinte sacrée où devait être le monument prin-
cipal. La construction des murailles d'Aliphera est semblable à celle des murailles de Samicum; c'est-à-dire
qu'elle est en partie régulière et en partie polygonale. Plusieurs des tours dont les murs sont flanqués
sont encore les tours de l'ancienne acropole. On découvre de cette hauteur toute la vallée de l'Alphée
et une grande partie des montagnes de TArcadie.
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