Blouet, Abel [Editor]; Ravoisié, Amable [Editor]
Expedition scientifique de Morée: ordonnée par le Gouvernement Français ; Architecture, Sculptures, Inscriptions et Vues du Péloponèse, des Cyclades et de l'Attique (Band 2) — Paris, 1833

Page: 85
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MANTINEE.

Mantinée, située au nord de la plaine à laquelle elle donne son nom, est environnée, comme Tegée
de montagnes entièrement dépourvues d'arbres.

Antinoé, fille de Céphée, fils d'Aléus, ayant suivi pour guide un serpent, bâtit une ville dans l'endroit
où il s'arrêta, et c'est en mémoire de ce serpent qu'on a donné le nom d'Ophis au fleuve qui passe
par la ville. Il paraît que Mantinéus, fils de Lycaon, dont elle a conservé le nom, l'avait fondée dans
un autre lieu, dans la plaine Argos, que les Arcadiens appellent encore la ville'.

Pausanias rapporte qu'on voyait à Mantinée un temple double, divisé par un mur, à peu près vers la
moitié : d'un côté était une statue d'Esculape, de l'autre un temple de Latone et de ses enfants.

Il y avait aussi un temple de Jupiter Soter, de Jupiter Épidotès, ainsi surnommé parce que c'est lui
qui distribue les biens aux mortels; dans un autre endroit celui de Cérès et de sa fille; vers le théâtre
celui de Junon, et derrière le théâtre les ruines d'un temple de Vénus Symmachia, et de Minerve Aléa.
Il y avait encore un temple d'Antinous, le plus moderne de ceux qu'on voyait, à Mantinée'.

On retrouve de la ville qui est dans la partie basse de la plaine, toute l'enceinte, dont la circonfé-
rence est d'environ trois milles, puisqu'il faut une heure pour en faire le tour. Les murs sont flanqués
de 116 tours, tant rondes que carrées, et l'on reconnaît encore sept portes : devant chacune d'elles
était un petit pont sur lequel on traversait le fossé, et de chaque côté était une tour ronde, et à l'inté-
rieur, le chemin construit par lequel on entrait dans la ville.

Dans l'enceinte de cette cité, dont les murailles s'élèvent à peine aujourd'hui à quelques pieds de
terre, on retrouve les restes d'un petit théâtre et de plusieurs autres édifices, mais trop incomplets pour
qu'on puisse en reconnaître la forme.

Au nord de la ville est une montagne conique, sur laquelle on voit une ruine de chapelle ombragée
d'arbres.

1 Pausanias. * Idem.

EXPLICATION DES PLANCHES.

Planche 53.

Fig. I. — Plan d'une des portes de la ville avec ses tours; attenant à cette porte, qui diffère peu des autres, sont

des arrachements de la muraille d'enceinte flanquée de tours carrées.
Fig. II. — Construction de la base d'une tour carrée.
Fig. III. — Construction de la base d'une tour ronde.
Fig. IV et V. — Plan et coupe des restes du théâtre.
Fig. VI. — Fragment d'un gradin en pierre du théâtre.

Planche 54-

Fig. I. — Vue, prise du sud, de l'emplacement de Mantinée : l'enceinte de la ville est au bas de la montagne, qui

occupe le centre de la vue.
Fig. II et III. — Plan et détail de construction d'un monument antique de forme polygonale, qui se trouve au sud-
est, et à une heure de route, environ, de Mantinée, sur le sommet de la colline Saint-George, dans la
vallée de Louka.
M. Virlet, membre de l'expédition, de la section des sciences physiques, auquel nous devons le dessin de ce
monument, pense que c'était une forteresse qui servait à la défense de la vallée. Les murs qui sont encore
debout, ne s'élèvent pas à plus de trois mètres dans la partie la mieux conservée. Les constructions sont paremen-
tées à l'intérieur comme à l'extérieur. A l'un des angles, est une tour moderne construite avec les pierres de la tour
antique : M. Virlet la croit du temps des Vénitiens.

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