Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 3. Pér. 4.1890

Page: 214
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PORTRAIT D’OS WA LD KRELL

PAR ALBERT DURER

arlant, je crois, de Philippe de Ohampaigne,
Victor Cousin, dans son fameux traité du
Beau, du Vrai et du Bien, regrettait que ce
peintre eût dépensé son talent à représenter
des personnages obscurs et de peu d’importance.
Avec cette façon d’entendre la peinture,
notre grand esthéticien national n’aurait
pas manqué d’être plein de considération
pour le photographe de l’Institut, mais j’imagine qu’il aurait eu assez
peu d’estime pour Albert Durer, à qui n’est pas même, comme à
Philippe deChampaigne, échue la bonne fortune d’avoir pour modèles
un Richelieu ou un Turenne. Et c’est au dernier rang de l’œuvre
de Durer que Cousin aurait placé le portrait d’Oswald Krell, dont
nous donnons ici la reproduction; car Oswald Krell réalise l’idéal
de l’obscurité et du peu d’importance; on n’a pu découvrir ni d’où il
venait, ni qui il était, et rien ne nous est resté de lui, à part son
nom et son image.

Le portrait de Durer est aujourd’hui à l’Ancienne Pinacothèque
de Munich : il est peint sur bois, compte 48 centimètres de haut sur
38 de large, et provient de la collection Wallerstein, où l’avait
introduit en 1812 le marchand de tableaux Hertel de Liesheim. Il
porte sur la droite, en haut, le nom d’OsvALT Krell et la date de
1499. Et malgré qu’il nous représente les traits d’un personnage tout
à fait inconnu, nous persistons à le considérer comme une des pein-
tures capitales du maître de Nuremberg.
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