Institut Français d'Archéologie Orientale <al-Qāhira> [Editor]; Mission Archéologique Française <al-Qāhira> [Editor]
Recueil de travaux relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptiennes et assyriennes: pour servir de bullletin à la Mission Française du Caire — 37.1915

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LE CULTE DE LA DÉESSE BAST

Nil, croyait bien lui fournir, non pas un récit mythologique1, mais le renseignement de
géographie positive qu'il demandait2.

LE CULTE DE LA DÉESSE BAST DANS L'ITALIE MÉRIDIONALE

ET PARTICULIÈREMENT A POMPÉI:1

PAR

P.-HlPPOLYTE BOUSSAC

Il y eut sans doute des rapports entre l'Égypte et l'Italie méridionale, dès la plus
haute antiquité. Mais ce fut surtout au temps des Lagides que les échanges devinrent
plus fréquents, les relations plus suivies. A partir de cette époque, au troisième siècle
avant notre ère, alors qu'affluaient à Pouzzoles les trafiquants levantins, les dieux de
l'Orient commencèrent aussi leur, exode. Servi par un prosélytisme très actif, favorisé
en outre par les ambassades des Ptolémées auprès du Sénat romain, le culte des divi-
nités d'Alexandrie se propagea rapidement et ne tarda pas à gagner, de proche en
proche, toute la Campanie, le Latium et Rome elle-même.

Déjà, en 186, un décret proscrivait les bacchanales; en 105, Pouzzoles possédait,
depuis cinquante ans environ, un temple de Sérapis. Enfin, après bien des tribulations,
au cours desquelles nous les voyons, tour à tour, honorées ou détruites, les images
d'Isis et de Sérapis furent, au commencement de notre ère, admises avec honneur clans
le panthéon latin4.

Indépendamment de la ville de Rome, où l'on en comptait près d'une dizaine, on
a retrouvé des temples d'Isis à Pouzzoles, à Tibur, à Tusculum, à Némi, à Ostie, à
Porto d'Anzio, à Pompéi.

Deux fresques d'Herculanum nous font assister à la célébration des mystères d'Isis.
Dans ces compositions, où la mise en scène est habilement ordonnancée, les lois de
l'esthétique bien comprises, la perspective irréprochable, aucun accessoire du culte
isiaque n'a été oublié. Sphinx, ibis, sistres et flambeaux, rien n'y manque; l'une d'elles
nous montre même un Éthiopien exécutant des danses rituelles. Tout dans ces tableaux
révèle la main, non d'un décorateur ordinaire, mais plutôt celle d'un artiste de talent,
en pleine possession des ressources de son art.

Si nous avons insisté sur ces peintures, c'est parce que nous aurons à parler d'une
scène analogue relative à la déesse Bast et trouvée à Pompéi.

1. Le sculpteur de Philae a trouvé un moyen fort ingénieux de nous montrer dans son bas-relief le cou-
rant et le contre-courant. L'hydrie que le Nil tient de la main gauche contient l'eau venant du sud, et il en
sort deux filets d'eau qui alimentent la rive droite et la rive gauche; l'hydrie de la main droite, contenant
l'eau qui vient du nord, ne laisse échapper qu'un seul filet qui est le contre-courant. On remarquera, en outre,
que l'hydrie contenant l'eau du sud diffère de l'autre comme forme. Toutes ces particularités sont parfaitement
reproduites dans le dessin de Champollion. Wilkinson, qui n'a pas saisi la différence, a fait les deux hydries
pareilles, ne déversant, chacune, qu'un filet d'eau, un pour chaque rive; le contre-courant n'est pas indiqué.

2. J'ai déjà donné l'explication suggérée par M. Boussac, dans une note de mes Ruines [et Paysages
d'Egypte. — G. M.

3. Communication faite à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, le vendredi 24 juillet 1914.

4. Bouché-Leclercq, Histoire des Lagides ; cf. G. Lafaye, Histoire du Culte des dioinités d'Alexandrie.

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