Institut Français d'Archéologie Orientale <al-Qāhira> [Editor]; Mission Archéologique Française <al-Qāhira> [Editor]
Recueil de travaux relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptiennes et assyriennes: pour servir de bullletin à la Mission Française du Caire — 37.1915

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^ ait été prononcé parfois comme c, et on s'expliquerait ainsi des variantes telles
que n-vj/cn-e pour ferre. De toute manière, ces deux lettres n'ajoutent aucun son nou-
veau à ceux que possédait déjà l'ancien égyptien.

En résumé, si l'on considère attentivement les textes qui peuvent nous donner des
renseignements à cet égard, on remarquera qu'avant le commencement du second em-
pire thébain, le système phonétique des occlusives et des sifflantes égyptiennes avait
perdu au moins trois phonèmes, ceux que les scribes du début avaient notés g—
et qu'ils ne les conservaient plus que par tradition comme simples variantes

orthographiques des sons exprimés par à>, ©, no, 1, Il en possédait encore vingt-
deux, répartis sous quinze signes-types et sous leurs variantes, mais dont beaucoup
étaient en voie de transformation, comme le^^, ou même d'évanouissement total,
comme |. A l'époque romaine, il n'en subsistait plus, ce semble, que onze ou douze,
et le système complet s'était déplacé tout entier dans le gosier : il avait tendu à ouvrir
les occlusives, même les plus fortes, et à en faire des spirantes. De la série des occlu-
sives sourdes, k est la seule qui paraisse avoir subsisté telle quelle, au moins en
thébain k, car, en memphitique, elle s'est aspirée très souvent et est devenue x : le

□ p et le ^ t se sont changés en sonores, D-n-b et ^-t-d. La série des sonores -b,

□ <=> *â
<=>-d-8, S-q, f, et des aspirées □, ph, th, se modifie de même, et seul con-

n en en n
serve sa valeur antique, mais 1 , <=^>, ffl, deviennent des spirantes J -A-v ou perdent

leur caractère, et, identifiées progressivement aux-sourdes, suivent les destinées de

celles-ci, <t^>-^-t-d, z]-S-^3^-k. Le système de la dentale0*^ connut des fortunes

plus compliquées, mais on constate que là aussi le déplacement des sons se continue;

ts-tch aboutit d'une part à la dentale simple ^ d, de l'autre à la chuintante

■x-tf'-ig. A ce point, le son noté par a' en provenance du zi, du S ou du antiques se

confondit avec ceux qui dérivaient du , et les deux aboutirent à la prononciation

chuintante du uj, bien qu'ils conservassent étymologiquement leur forme graphique

personnelle. Aujourd'hui, malgré l'adoption intégrale de l'alphabet grec et l'adjonction

aux lettres grecques de six caractères d'origine égyptienne, la prononciation des Coptes

marque l'appauvrissement phonétique le plus évident : la série des occlusives et celle

des sifflantes ne comprennent plus qu'environ treize ou quatorze phonèmes effectifs, au

lieu d'une trentaine plus ou moins que la langue antique pratiquait.

Paris, 18 septembre 1915.

(A continuer.)

MuKspïvoç. — Hérodote (II, cxxix-cxxxiv) donne cette forme au nom du pharaon
que Manéthon appelle. Mt*(jkp-i\<;, et, d'après lui, les auteurs grecs d'époque classique,
Diodore (I, 64), Élien {Var. Hist, II, 41, 11), Athénée (X, p. 438, b), l'ont appelé
Muxepïvoç (var. MejçspTvpç ). La leçon de Manéthon est parfaitement correcte pour son temps
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