Institut Français d'Archéologie Orientale <al-Qāhira> [Editor]; Mission Archéologique Française <al-Qāhira> [Editor]
Recueil de travaux relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptiennes et assyriennes: pour servir de bullletin à la Mission Française du Caire — 38.1916

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QUELQUES DIVINITÉS DANS LES ARRRES

Quelques divinités dans les arbres. — Sans parler de l'Osiris enfermé après sa
mort dans un tronc d'epsi/.-/] représenté à Thèbes (Devéria, Mémoires et fragments,
t. I, p. 123-126), il y a en Egypte plus d'une divinité figurée dans un arbre. Sans pré-
tendre- en faire le relevé complet, je me bornerai à noter ici ceux et celles dont j'ai noté
la présence au Musée du Caire sur le naos de Saft-el-Hinéh. On y remarque successi-

--<Q> g) AAAAAA ,

l) n () « Hathor, dame du noubsou ('Zijzijphas spina Christi) »,

veinent une

qui diffère de l'Hathor de Memphis, clame du sycomore, () , un Harmakhis

en y ©

, logé dans son arbre
ondues les deux divi-

, épervier coiffé des deux plumes et précédé de t^, de
feuillu, j ^ ou peut-être un personnage masculin où sont con

nités, les deux lions j^^^j d'Héliopolis, j et dont la chapelle est perdue

dans la ramure d'un arbre innommé. Je rappellerai également le napéca J p Ç), qui avait
donné son nom à la ville de Pnoubs, Dakkéh en Nubie, et qui était l'habitat du dieu
Thot local; ailleurs, au Papyrus Sallier I, Thot est une espèce de palmier, rare aujour-
d'hui, qui ne vit qu'au désert, et cette mention nous montre qu'il y avait probablement
dans les solitudes thébaines un Thot local adoré sous forme d'arbre.

Il y a, dans ces cas, l'indication d'un culte très ancien rendu à des dieux-arbres,
parallèlement à celui que recevaient les mêmes dieux en forme d'animaux. Les va-
riantes diverses de la scène fréquente, où l'on voit le mort recevant le droit de bour-
geoisie dans l'Hadès aux mains d'une déesse, le prouvent bien. La déesse, Hathor ou
Nouit en général, est souvent figurée debout dans l'arbre à taille entière, offrant au
mort le pain et l'eau qui lui confèrent ce droit, mais souvent aussi elle sort de l'arbre à
mi-taille seulement, et une fois même, sur un sarcophage saïte de Marseille, son corps
même constitue le tronc de l'arbre, montrant ainsi l'identité de celui-ci avec l'être
divin. Il est évident que, pour l'inventeur de ce tableau, la déesse était enfermée dans
l'arbre en temps ordinaire : elle en jaillissait toute ou partiellement au moment où
le défunt se présentait à la frontière des deux mondes, celui des vivants et celui des
morts, puis, la cérémonie accomplie, elle se replongeait sous l'écorce. C'était une con-
ception analogue à celle qu'on se faisait de certains génies infernaux qui habitaient le
z=^, ou la couronne blanche ^f, ou un £j : ils sortaient la tête, qu'on voit sur l'objet,
pendant le temps que le soleil de nuit demeurait dans leur heure, puis leur enveloppe
les o mangeait », les « avalait » 1 /-^— de nouveau. C'est probablement à ces cultes que
se rattache l'institution des bois sacrés énumérés dans la grande liste d'Edfou, et qui
se composent pour chaque nome de deux ou trois espèces d'arbres : il y a chance pour
que ces espèces offrissent quelque relation au dieu local, Ycêshet et le sont d'Edfou
étant les formes-arbres de Har-houdîti, le noubs, le sont et le kebes d'El-Kab ou
d'Esnéh celles des divinités du IIIe nome, etc. Le même arbre pouvait, selon les loca-
lités, représenter plusieurs dieux différents.

G. Maspero.
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