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Institut Français d'Archéologie Orientale <al-Qāhira> [Editor]; Mission Archéologique Française <al-Qāhira> [Editor]
Recueil de travaux relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptiennes et assyriennes: pour servir de bullletin à la Mission Française du Caire — 38.1916

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https://doi.org/10.11588/diglit.12741#0041
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SUR LE SENS JURIDIQUE DE

31

saient sur un lit de terre glaise. Deux tombes seulement n'avaient pas été violées; j'ai
trouvé sur chacun des morts un certain nombre d'amulettes, que mes ouvriers avaient
malheureusement déplacées à mon arrivée.

Premier cercueil : huit udjas, deux cynocéphales, une colonnette, une équerre, une
boucle Get, une plume d'Ammon, un Horus à tète cl'épervier, un soleil sur l'horizon, un
signe Aper, une tablette.

Deuxième cercueil : deux plumes d'Ammon, une Isis assise avec enfant sur les
genoux.

XIII. Tombe isolée et formée de dalles en calcaire. — Pas de fond. Les pierres
étaient scellées au plâtre. Le mort était réduit en une poussière couleur brun rouge
foncé. Sur le corps j'ai recueilli des feuilles d'or, taillées en forme de losange, et sur
lesquelles est figuré au repoussé un œil dessiné plus ou moins schématiquement. Elles
sont disposées sur le corps de la façon suivante : une sur les yeux, une à l'ouverture
du nez, une sur la langue, une à la place du cœur et enfin une à la place du pubis.
Ces sortes d'amulettes ont en moyenne 0m02 de longueur et 0m015 pour la largeur.
A droite du mort, à côté de l'avant-bras, était un scarabée en pierre grise.

SUR LE SENS JURIDIQUE DE S

PAR

G. Maspero

Dans son bel ouvrage sur Le Tombeau d'Amenemhet, M. Gardiner dit que
« l'épithète ma'khrow, litt. « true of voice », est certainement un terme juri-

» dique », et il ajoute que mon interprétation, d'après laquelle elle s'appliquerait à la
justesse de voix nécessaire pour entonner les formules religieuses, est contraire à l'en-
semble des documents. Il la traduit justifié à l'ancienne mode, et il y voit une allusion
d'abord à l'acquittement d'Osiris à Héliopolis dans son procès contre Set, puis, par
extension, à l'acquittement des morts au tribunal d'Osiris (p. 47 et note 4). On oublie
si vite en égyptologie ce qu'on a lu, et, pour peu que l'écrit soit ancien, on néglige si
résolument de le lire, que ce sera une surprise pour tout le monde et pour M. Gardiner
lui-même d'apprendre que j'avais eu la même idée que c'est une de celles qui ont dé-
terminé mon interprétation, et que je l'avais indiquée, il y a plus d'un quart de siècle,
dans un mémoire Sur l'expression Mâkhrôou, qui, composé en 1880, ne fut, par acci-
dent, publié qu'en 1892 {Études de Mythologie, t. II, p. 93-114). « Je n'ai pas besoin,
» y disais-je (p. 106), de rappeler ici quelle importance le carmen avait dans la reli-
» gion et dans le droit de l'ancienne Rome; il était tout-puissant en Egypte, et le
» sorcier, le prêtre, l'individu qui s'adressait.à un dieu, devait avoir l'a voix juste pour
» obtenir ce qu'il demandait, il devait être juste de voix. » Comme je ne voulais
traiter dans cet article que le côté religieux de la question, on comprendra que je
n'aie pas insisté sur le côté juridique.
 
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