Revue égyptologique — 5.1887/​88

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William N. G-roff.

exemples, des noms formés : d'un adjectif : ^>"|P<—user «fort», J neer (506)
«beau»; d'un substantif : ^^"^^ c3Ed[|^>^ pa-unSàu (1355) ottwhuj «Lupus»; d'un
nom géographique : d'un pays :^ ('^ | ta-yal (670) «la syrienne»; d'un nom de ville :

,1111111, :{: A SI MkïS _M^_2S5l I

I 7_Y@jy mennefer (974) (Memphis). Un nom théophore qualificatif bien intéressant est
celui du roi ( (]-q^q]- [[] .J. j àmen-tut-àny-Mq-àn-res «Image vivante d'Ammon, gouver-

neur d'On du midi».1 Non moins intéressants sont les noms propres adjectivaux formés d'une
racine .verbale par la terminaison i ou par sa variante (j d,5 par exemple : (jjj(||jd&-i (178)

ou (jjjfj àh-â (410) «dansant» de (jJJ^ àb «danser», [j [j dn-i (352) «celui qui apporte,

porteur», jj an «apporter», ^ ^ [j (j ân^-t (61) «celui qui vit», _Qn(| [| (724), ^Qn[)

%â-à (240) «celui qui apparaît» de #8 <<se lever». Le nom du roi Menés écrit dans les

textes égyptiens ( —'A ] meni ou ( '——'[I ] menu est dérivé de la racine Ç-r^,
cêtre bien fondé, fonder, établir». La forme adjectivale en (J £; far) var. de

m en1

aurait la signification de « celui qui fonde, a fondé, le fondateur », qui s'accorderait trop bien
avec le rôle que l'histoire assigne à ce roi, la fondation des dynasties humaines en Égypte,
et porterait bien plutôt le cachet d'une fabrication des prêtres égyptiens que celui de la
réalité; avons-nous ici un personnage réel?4
III. Les noms théophores.

Le même esprit qui a porté l'homme à remplir l'espace d'êtres invisibles, bienfaisants
ou malfaisants, l'a porté également à chercher protection auprès d'eux. Un lien invisible
entre l'homme et la divinité, c'est le nom.

Un nom théophore est ordinairement composé par celui de la divinité protectrice, soit
sous-entendu, soit écrit,5 et un attribut. Dans l'onomastique biblique, le verbe jn3 «donner»,
que nous choisissons à dessein, servira d'exemple; employé comme nom propre, jn: signifiait
« (celui qu')il a donné » (Il = Dieu) et serait la forme apocopée des noms tels que jnjbx. |n3r
«(celui que) Dieu a donné» (au nominatif) ou bmn:, irons «don de dieu» (au génitif). Ces
noms ayant la même valeur réelle, une question bien naturelle se présente à l'esprit, pourquoi
ne variaient-ils pas entre eux"? ou pour mieux dire, pourquoi la même personne n'est-elle
pas nommée tantôt à la forme apocopée, tantôt à la forme pleine? Nous croyons qu'en réalité
cela existait, mais qu'en mettant les noms propres par écrit, la Bible les égalisait en adoptant
une seule forme, et par cela même empêchait une confusion.

1 Ce nom est très significatif du temps. Nous sommes au moment où les prêtres d'Ammon paraissent
avoir regagné le pouvoir après la révolte d'Amenophis IV = yu-n-àten, fin de la XVIIIe dynastie.

2 Voy. Masphho, Mélanges d'archéoL, t. III, p. 139, n. 5.

3 Voy. de Rouge, Chre.it,, 2 f., p. 35, n. 1 et Manethon, éd. Uîîger, p. SI.

J II n'y a, du moins à ma connaissance, d'autres exemples de personnages qui portent le nom de
ce roi (?) qu'aux époques relativement modernes (!).

5 En hébreu voy. M. Renak, Revue des études juives, 1882, p. 161 et s. Quant aux noms théophores
apocopes en ass}7rien, je citerai un passage de VAppendice sur le droit de la Ohaldée (p. 512) par MM. Victor
et Eugène Revillout : « Guzanu est évidemment le même esclave dont nous trouvons le nom théophore
» écrit plus haut en son entier : Itti nebo guzu. Notre cher maître M. Offert a depuis longtemps fait la
» remarque que souvent les noms théophores, même lorsqu'il s'agit de personnages beaucoup plus impor-
tants qu'un esclave, se trouvent ainsi abrégés, non seulement, comme ils devaient l'être le plus souvent,
ïdans la conversation, mais dans l'écriture.» Cf. Schrader, K. A. T., p. 329 et s.
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