Revue égyptologique — 5.1887/​88

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Étude sur les noms propres chez les Égyptiens.

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Les noms théophores en égyptien sont, à notre avis, quoique très anciens, légèrement
plus modernes que ceux du premier groupe que nous avons indiqué. Us se divisent en plu-
sieurs classes selon la relation établie entre la divinité et la personne.

a) Le nom de la divinité est au nominatif.

Le premier roi de la IVe dynastie, auteur de la grande pyramide de Gizèh, fut nommé
C®1lJÏlJ "^u'^'u me prctège»-1 Qui 3? La réponse se trouve dans la forme pleine du
nom de ce même roi écrit q^^fe?® ^ J ynoum-yu-f-u : Le dieu «Xnoum», fabricateur des
dieux et des hommes, «il me protège». Le nom du prédécesseur de ce roi fut (^Po<—
s-nefer-u «[il] me rend beau».2 Ici non-seulement le nom de la divinité est sous-entendu,
mais aussi le pronom de la troisième personne. Ce pronom reparaît dans la variante du nom
de ce même roi écrit3 q^^^^J s-nefer-f-u «il me rend beau». La forme pleine se trouve

dans les noms propres ° j[ J^^^ Ptell-s-nefer-u (132), le dieu «Ptah me rend beau»,
«sa^[lj^^^ sebek-s-nefer-u (293), le dieu «Sebek me rend beau». Le verbe ^jl âs (âses)

.«embellir, orner», nous fournirait un exemple curieux. Car si la forme ^©^| 1 ^_Q Râ-âses-ka

(Sakkarak, 25) est une variante4 du nom du roi Q|~^LMj ases-ka-f (Abydos, 25), nous
aurions le dieu Râ en variante avec le pronom de la troisième personne. C'est sous ce roi
que ^ Ujj, |111 Ptaliàses fut ministre5.

P) Au génitif le nom de la divinité doit suivre l'attribut avec ou sans \'n de relation,
par exemple eu_o pe-tu (1339) «le don de» ou _o ta-tu (1151) «le don de» (au fém.)

(jnj) est la forme apocopée des noms tels que □ &_o M pe-tu-âmen (1069) « le don d'Am-

rj o i a/w\m ^_Q u

mon». Dâ—d g pe-tu-pteh «le don de Ptah»,0 ou sans l'article j\ tu-t-anhour (297)

o l-i ' '

«don d'Anhour» (au fém.) (bxira, mm), etc. etc.

i\ 11111 r i r\ iiiiiii

^6 bok (575) «servant de» (nay.) et i^^ci^O bok-àmen (736) ou (I

1 AA/WV\ 1

1 Voy. Piekret, Explication des monuments de TÉgypte et de VÉthiopie, édités par c. R. Lepsius, p. 1. v\ «

- /wwa n

est employé comme pronom régime de là première personne. Plur. @- (cf. Pap. cFOrb. 3/7, cf. var. 6/1).

_ III

s-nefer, embellir, protéger, Pierret, Yoc. hiérogl., p. 261.

3 Denkm., II, 16, dans le nom propre ^\iSî^s-nefer-f-u-xa-f.

4 Voy. de Rouge, Les six premières dynasties, p. 106.

5 II en résulte de ces considérations que les Égyptiens écrivaient les noms propres théophores, soit
à la forme pleine, soit à la forme apocopée, et cela pouvait avoir lieu en même temps et pour la même
personne. Le même fait doit avoir existé également chez les Sémites, il serait alors parfaitement admissible,
là, où la Bible nous donne une forme, de trouver l'autre dans les textes égyptiens, ou assyriens, un texte
d'Assur-bani-pal (R. 5. 8/111.) parle de tp: £^£5^j>- -«^^1 I-sa-am-mé VQO* = jjûtfi forme
apocopée de bs'yw Ishmaé'l. Voy. Schrader, K. A. T. 148, cf. Del. Par., p. 298. J'espère revenir sur cette
question.

0 C'est à cette classe qu'appartiendraient les noms propres bibliques de natals Potiphar et yiB'Bia
Potiphera. La première partie (ns)B) serait la transcription de l'égyptien Où—o pe-tu «le don de . . . .;>.
Je ne connais pas, parmi les noms propres égyptiens, un seul des noms qui nous donne la transcription
exacte de l'un ou de l'autre de ces deux noms. Le nom étrange de butais Pouti-ël («J>outi>)a, ^ou-tihA),
Exode 6, 25, s'expliquerait par Où—d pe-tu «le don de» et ël «dieu». C'est selon le récit biblique, la
fille de ce personnage qu'Elôasar, fils d'Aaron, prend pour femme et la scène se passe en Egypte. On se
demande si ce personnage n'est pas un Égyptien qui, pour une cause que nous ne pouvons que deviner,
s'appelait dans sa propre langue le don d'un dieu étranger.
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