Revue égyptologique — 14.1914

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MÉMOIRE SUR LA VOCALISATION HÉBRAÏQUE.

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Il eut été certainement plus satisfaisant et plus complet si j'avais pu le développer
en son lieu; mais, bien qu'écourté, il renfermera abrégé un échantillon de mes notes, et
prouvera, je l'espère, que j'ai voulu faire une étude sérieuse, me gardant d'émettre, comme
Rabinowitch par exemple, des règles nouvelles et des théories absolues qu'un examen appro-
fondi des textes bibliques ne justifie pas.

Ayant si peu de temps devant moi, je dois me borner aujourd'hui à présenter un
résumé succinct des résultats auxquels m'ont conduit mes recherches sur les aspirées, et,
comme exemples, quelques-uns des cbiffres qui se rapportent à ces recherches; mais je me
réserve de donner des détails plus circonstanciés dans la rédaction définitive de mon mémoire.

Suivant le principe général que je développe longuement dans une autre partie de ce
mémoire, je considère les aspirées comme constituant une série et non point seulement un
groupe. Chacune de ces quatre consonnes devait, dans le s}rstème hébraïque, posséder des
propriétés qui lui soient communes avec les plus proches de la même série, et cependant
s'en distinguer par des caractères spéciaux.

Je m'en suis assuré du fait par la même méthode qui m'a servi pour l'étude des autres
séries que j'ai passées en revue : consonnes muettes, semi-voyelles, voyelles, achevas, da-
gueschs et signes toniques. C'est-à-dire que j'ai dépouillé les textes bibliques successivement
pour chacune de ces lettres, sans me lasser de revoir les mêmes livres.

On arrive aussi à bien constater la situation qu'accepte chaque caractère graphique et
chaque signe par rapport aux autres : en d'autres termes, toutes les influences qu'il peut
exercer ou recevoir, son rôle et sa nature intime.

J'ai dû le dire et le répéter souvent dans le cours de ce mémoire, on n'a pas assez
remarqué que le système, sur lequel repose toute l'euphonie hébraïque, procède toujours par
séries et par nuances à peine accusées, jamais par brusques séparations et par catégories
nettement limitées. Chaque série se rattache aux voisines par des intermédiaires qui tiennent
également des unes et des autres.

Entre les consonnes ordinaires et les aspirées se trouve le resch, lettre mixte. Comme
les consonnes ordinaires, il peut porter le scheva simple mobile, mais déjà, plus facilement
qu'elles, il admet le scheva composé propre aux aspirées (ex. : Fl"HK Genèse 5, 30; ^"Cfl
Genèse 27, 19; tpTflfc Genèse 27, 29; ^3 Genèse 27, 38, etc. J'ai compté dans la Genèse
juste autant de schevas composés sous le resch que sous toutes les autres consonnes non
gutturales prises ensembles). D'une autre part, comme les aspirées, il ne porte pas le da-
guesch fort; et comme elles, mais moins souvent qu'elles, il peut modifier la voyelle qui le
précède.1

Pour établir la transition entre la série des aspirées et celle des consonnes muettes,
moitié des aspirées, deux sur quatre, deviennent muettes dans certains cas. Nous voyons
ailleurs comment les muettes sont reliées aux lettres de prolongation et de support, semi-
voyelles, qui elles-mêmes conduisent aux voyelles par des transitions presque insensibles.

1 Ajoutons que le resch. comme consonne ordinaire, appartient à la série des liquides b, 1, 3, qui,
comme le montre Césénius, se changent parfois en voyelle m = tt'H. s'ajoute aux racines DD13 de
D D 3 scidit, à la fin des mots, sert avec b, 3 et parfois un & formatif à constituer des doublets d'une
mince racine : "113, btJ, E"3 abscidit de 13 ou 113. etc.. etc.
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