Revue égyptologique — 14.1914

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Eugène Revillout.

mitive eu oeiv des verbes en ou, qui a toujours disparu en grec et que M. Eggeb pen-
sait n'avoir jamais existé. Notons qu'un troisième dialecte, dont la provenance n'est pas
encore connue et que nous nommerons le dialecte X, combine les deux procédés, c'est-à-dire
le thème verbal thébain avec le verbe auxiliaire ep.

Quant aux substantifs et aux adjectifs, on en prenait généralement en copte le nomi-
natif singulier (le nominatif singulier masculin, s'il s'agissait d'un adjectif) et on le déclinait,
s'il y avait lieu, à l'aide des particules coptes. Certaines locutions étaient seules exceptées.
Il faut noter aussi que dans l'état construit, soit d'un substantif et d'un adjectif, soit de deux
substantifs intimement reliés entre eux, le premier, adjectif ou substantif (ne^-&oc npco.«.e
ou npco.w.6 uo-^^oc), se déclinait seul et que le second était relié à lui par un « de relation.
Cette règle existait déjà en démotique, d'ailleurs. L'introduction du grec n'y a donc rien
changé. Il va sans dire que la langue chrétienne écrite des coptes a été longtemps parallèle
à la langue des païens, qu'on écrivait encore dans les anciens caractères, et particulièrement
en démotique. Les païens, en effet, n'ont complètement disparu de l'Égypte qu'après l'inva-
sion musulmane, ainsi que nous le montrerons ailleurs.

II. ALPHABET.

§ ltr Transcriptions diverses.

La grosse masse de l'alphabet copte est emprunté à l'alphabet grec par la raison que
nous avons expliquée dans le paragraphe précédent, à propos des mots grecs introduits en
copte. Il ne faut, en effet, jamais oublier que le copte est l'égyptien des chrétiens et que
le christianisme est venu, dans la vallée du Nil, par des missionnaires parlant grec. Ce ne
furent pourtant pas les chrétiens qui eurent l'initiative première de transcrire l'égyptien en
caractères grecs. Môme en laissant de côté les noms propres et les termes juridiques égyp-
tiens, tels que cxopiuaic, venant du copte ujTtopi,1 etc., qui, bien antérieurement au christia-
nisme, sous les Lagides, étaient sans cesse transcrits en grec, les phrases égyptiennes furent
transcrites en grec par les magiciens et les gnostiques dans des incantations ou des for-
mules pieuses, et cela à une époque qui, bien que romaine, a précédé la constitution défi-
nitive de l'alphabet copte par les chrétiens. Naturellement, dès cette période, il fallut com-
pléter les lettres coptes spéciales par d'autres lettres destinées à rendre d'une façon adéquate
les sons propres à l'égyptien, lettres empruntées au démotique.

A ce point de vue, il y eut plusieurs essais successifs ou parallèles dans plusieurs
classes distinctes de documents.

Nous citerons d'abord certains papyrus magico-gnostiques, écrits généralement en grec
et qui dans quelques pages nous donnent des formules égyptiennes. Tous ces papyrus ont
été publiés par moi dans mes «Mélanges» de 1875.2

1 Le yj est ici transcrit en grec par un sigma. Il en est de même dans les noms propres ptolé-
niaïques des bilingues, qui ont recours à des semblables approximations pour se, q, etc. Voir plus loin.

2 Mélanges d'épigraphie et de linguistique égyptienne dans les «Mélanges d'archéologie» de Wieveg,
publiés par de Rougé avec le concours officiel de MM. Lenokmant, Maspero, Pieeiiet, Revillout, tome III,
p. 36 et suiv. et planches.
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