Revue égyptologique — 14.1914

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132 Eugène Revillout. Mémoire sur la vocalisation hébraïque.

qu'il est mû par un pathah (cent dix-huit fois, taut dans la Genèse que dans le Lévitique);
mais, eu outre, à la différence de l'un et de l'autre, quand il est mû par un pathah, il sou-
tient également le pathah, qui précède dans une syllabe non tonique (tant dans la Geuèse
que dans le Lévitique, le hheth, portant un pathah, soutient cinquante-quatre fois le pathah,
qui précède sans accent tonique ni métheg).

Enfin comme le hé, plus fréquemment que lui, il soutient le pathah, alors qu'il est mû
par une voyelle dissemblable, holam, tséré, schourouk, kibbuts, hirik (tant dans la Genèse
que dans le Lévitique, le hheth, précédé du pathah, est mû trente-sept fois par tséré, trente-
trois fois par un holam, dix fois par un schourouk, dix fois par un hirik, deux fois par un
kibbuts).

Dans les conjugaisons dagueschées des verbes nombreux dont le hheth est seconde
radicale, nous n'avons trouvé que deux fois le pathah s'allongeant avant lui en kamets (biTl
Genèse 8, 10; ""^""""S lob 9, 30). Dans le dernier exemple le hheth est mû par un
pathah; quand au premier, il ne peut compter, car l'allongement du pathah en kamets est
causé par la suppression d'un iod radical qu'il rappelle; le mot complet serait ^rPI, comme
le fait remarquer Buxtokf.

Nous avons montré dans ce chapitre que les aspirées forment une série, dont l'aleph
d'une part, et d'autre part le hheth forment les deux extrémités. L'aleph est à peine une
gutturale, à peine une consonne; comme nous le verrons à propos des muettes, il peut être
tellement nul qu'il se trouve entre deux consonnes dans une syllabe fermée, ou que sans
voyelles, inaperçu, il se glisse, muet, entre deux syllabes fermées consécutives.

Le hheth, au contraire, est toujours consonne, toujours gutturale. Quand il est quiescent,
il ferme la syllabe, et à la fin des mots, il appelle le plus souvent un pathah furtif ou non
furtif, sauf quand un kamets le précède. Quiescent ou non, il attire et soutient le pathah,
par lui-même, indépendamment de toute influence d'accent tonique ou de voyelle; il soutient
aussi le ségol. mais dans des cas déterminés.

L'aïn et le hé, intermédiaires entre l'aleph et le hheth, tiennent à la fois de l'un et
de l'autre.

Comme l'aleph, bien que d'une façon moins générale, le hé peut être muet, mais par
son action sur le pathah il se rapproche plutôt du hheth. Il soutient plus difficilement le
ségol, que l'un et que l'autre, quand il n'est pas mû par un kamets. Et il a ceci de parti-
culier qu'il est, à peu près dans tous les cas, précédé de kamets, lorsqu'il ferme exception-
nellement la syllabe à la fin des mots, étant fortifié par un mappik.

L'aïn quiescent, comme le hheth, ferme la syllabe, mais on a pu voir qu'à d'autres
points de vue il se rapproche des aspirées moins fortes.

Nous ne voulons pas nous étendre plus longuement sur ce sujet, de peur de choquer
plus encore en soutenant toujours des opinions contraires aux opinions reçues; et nous
prions ceux qui nous lisent de ne pas juger trop sévèrement, avant tout examen, cette
témérité. Nous n'avons pas cherché l'originalité; elle nous est venue naturellement par une
étude plus approfondie des textes bibliques.
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