Ars: časopis Ústavu Dejín Umenia Slovenskej Akadémie Vied — 1.1967

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L’activité des historiens et des critiques d’art s’accroît visiblement dans la publication depuis 1950
par suite de l’entrée en place de nouveaux cadres profesionnels d’une part et d’autre part par une
ramification dans l’édition. On a publié d’abord des monographies sur quelques „grands“ choisis dans
la gamme mondiale (représentant, selon l’idée de l’époque, l’héritage réaliste classique) et, par la suite,
des monographies sur les plus importants représentants de l’art slovaque, ainsi que les premiers essais
d’une vue générale sur certaines époques et sur certains genres artistiques.
Ces dernières 7—10 années, l’histoire de l’art en Slovaquie se trouve dans une situation
qualitativement nouvelle. L’approfondissement des critères scientifiques ainsi que l’accroissement du
nombre d’institions scientifiques permettent de réaliser des plans de recherche plus considérables. On
a abordé les thèmes de la théorie des beaux-arts et des élaborations plus étendues de monographies sur
des artistes et sur des époques choisies. On a recherché des possibilités de se consacrer à une
conscription systématique des monuments artistiques et de combler les lacunes sensiblement
présentes dans les recherches sur l’art ancien et notamment sur l’art médiéval. On a entrepris une
collaboration concrète avec les institutions scientifiques tchèques, principalement avec l’institut pour la
théorie et l’histoire de l’art de l’Académie tchécoslovaque des sciences, avec lequel nous préparons une
volumineuse histoire de l’art tchécoslovaque.
C’est là une mission qui, aujourd’hui, reste le thème principal dans l’activité de nos institutions
scientifiques et de leurs collaborateurs. L’histoire de l’art plastique tchécoslovaque, dans son exigente
synthèse, se veut d’être une oeuvre importante non seulement du point de vue de l’apport matériel
mais encore par sa conception méthodologique. Il en résulte, évidemment, des obligations spécifiques
tant sur le plan des recherches sur place que dans la complexité méthodologique. Il s’agit il s’agira
par exemple aussi de vérifier de nouveau la signification du matérialisme dialectique et historique
pour l’histoire de l’art plastique, celui-ci ayant été, après la période du culte de la personnalité,
recouvert, à juste titre, d’une vague de scepticisme. Il s’agira, en outre, de continuer sérieusement
à mettre le juste équilibre dans notre histoire de l’art plastique par rapport aux conceptions et aux
écoles, qu’il s’agisse de la tradition spiritualiste de l’école viennoise, du formalisme de Wölfflin, de la
conception psychanalytique, de l’école iconologique, de la théorie de Worringer, de la conception de
Huyghe, de l’école phénoménologique et d’autres types de théories pour lesquelles il s’agissait et il
s’agit de la définition du sujet et des méthodes de l’histoire de l’art selon les différentes solutions
apportées à la question de la spécificité de l’oeuvre d’art, de son origine et de ses fonctions. Déjà placé
face à cette mosaïque de méthodes et d’interprétations, l’historien d’art se trouve aussi en présence
du réel danger d’un éclectisme méthodologique non-différencié. Et pourtant, d’un autre côté, un
purisme unilatéral représente un danger tout au moins pareil, étroitement lié à la tendance de se
tenir dogmatiquement à une seule conception méthodique sans voir l’apport effectif et l’application,
dans les travaux de recherche, des autres accès et points de vue. L’effort, non mécaniquement
éclectique, mais évaluant le caractère méthodologique synthétisant de notre histoire de l’art
plastique est et restera certainement encore longtemps un problème actuel dont la solution se reflétera
aussi dans notre revue ARS.
ARS paraîtra provisoirement deux fois par an en attendant que se consolide le cercle de ses
collaborateurs et de ses abonnés. Il est à savoir que l’édition d’une revue semblable n’est pas
seulement une conquête, mais aussi et surtout une obligation. Les historiens d’art en Slovaquie
remercient particulièrement l’Académie des sciences slovaque pour le soutien que son égide assure
à notre revue et d’avoir ainsi rendue possible la publication systématique des résultats de leurs
recherches.
MARIAN VÁROSS

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