Ars: časopis Ústavu Dejín Umenia Slovenskej Akadémie Vied — 1.1967

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9. La Ste Famille, l’arche du triptyque de Lusina.

de deux moitiés, comme par ex. la scène de l’Off-
rande au temple, il est possible que la composition
de la Sainte Famille fut primitivement destinée
au retable de Notre-Dame de Cracovie.
On pourrait donc admettre à titre facultatif,
en vertu d’une analyse de style que le langage
formel du haut-relief de la Sainte Famille fait
supposer qu’il est possible que ce tableau en relief
ait été fait par Paul de Levoča, jeune à cette
époque.
Kampis souligne à juste raison que l’identifi-
cation définitive de l’auteur des figures de St-Jacqu-
es et de St-Jean l’Evangéliste de Sabinov est
un problème fondamental pour l’histoire de l’art
de cette région.15 L’affirmation de Divald et de
Kampis que Paul aurait effectué un séjour dans
l’atelier du Maître ANS s’appuie sur des documents
d’archives se rapportant à l’emploi d’un nommé
Paul en 1503 par le Conseil de la Ville de Sabinov.
Il avait obtenu 40 forints pour avoir doré un
ostensoir pesant 13 marks.16 Il en découle donc que
Paul aurait été au début de son travail non seule-
ment sculpteur, mais aussi orfèvre. A cette époque
où les différents domaines d’un artisanat n’étaient

pas encore spécialisés, cette façon d’unir plusieurs
professions était fréquente.17 Un exemple en est
donné ne serait-ce que par Dürer.
Les données d’archives ne sont pas les seules
à parler en faveur de la conception d’un séjour
de Paul à Sabinov. Le second argument, non
moins important, est le style des figures de St-
- Jacques et de St-Jean l’Evangéliste posées sur des
consoles à Sabinov. Divald tout comme Kampis
considèrent que ces deux sculptures sont des œuvres
juvéniles de Paul.18 Hehler est d’un avis différent,
il attribue ces travaux à un aide de maître Paul.19
Il arrive fréquemment que l’attribution à un
maître d’une œuvre immortelle de travaux ju-
véniles d’un rang artistique inférieur, se heurte
à des objections venant de chercheurs qui consi-
dèrent d’avance que ce serait porter préjudice à la
grandeur de l’artiste. On ne prend pas en con-
sidération dans ce cas que l’individualité d’un
artiste doit, pour pouvoir toucher à sa plénitude,
passer par certaines étapes de développement et ne
jaillit pas toujours en génie au seuil même de sa
carrière artistique. Le génie de Wit Stosz ne s’est
pas certainement révélé d’un seul coup dans le
retable de Notre-Dame à Cracovie, bien que nous
ne connaissions pas ses œuvres antérieures à ce
retable.20 Nous ne les connaissons pas ou bien nous
ne les remarquons pas parce qu’elles ne sont pas

10. Ste Geneviè-
ve, gravure
de Wit Stosz
datant
d’avant 1486


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