Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 20.1879

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VELAZQUEZ

(DEUXIÈME ARTICLE1.)

ien qu'il n'ait pas dépendu des hautes
visées de Pacheco que le génie naissant
de celui qu'il appelait « son élève » n'ait
dévié de sa véritable voie, on ne saurait
cependant méconnaître que, d'assez bonne
heure, le docte professeur sut du moins
pressentir ce qu'il y avait de saines et fé-
condes promesses en germe au fond de ce
franc tempérament de peintre, si peu ma-
niable, rebelle même aux enseignements
abstraits et si entêté, par contre, de ses
exclusives recherches du vrai, du naturel en toutes choses et des seules
réalités vivantes et formelles. Aux savantes, aux ambitieuses théories de
son beau-père, toujours prêt à évoquer les noblesses, les sublimités de
style de l'école raphaélesque, Velazquez simplement se bornait à répondre
qu' « il préférerait de beaucoup devenir le premier dans la représentation
des sujets vulgaires que de n'être que le second dans la peinture des
sujets d'un ordre élevé2. » Mais, dès qu'il eut peint YAguador et les
deux Adorations, tout ce qu'il y avait à Séville de bons juges et d'ama-
teurs éclairés ayant applaudi avec enthousiasme à ces premiers ouvrages,
Pacheco n'osa plus douter des grandes destinées que l'avenir semblait
réserver à son gendre. Lui-même pressa dès lors Velazquez d'aller s'en-
quérir à Madrid d'un champ d'études plus vaste et d'un plus glorieux

1. Voir Gazette des Beaux-arts, 2e période, t. XIX, p. 415.

2. « Que mas queria ser primera en aquella groseria, que segundo en la deli-
cadeza. » Palomino, Vida de los Pintores eminentes espanoles, p. 323.
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