Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 20.1879

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VELAZQUEZ

(troisième article1)

es recherches des colorations textuelles,
plus sincères, mieux observées, ces curio-
sités des effets de la lumière diffuse sup-
primant les conventions, les artifices du
clair-obscur, que nous venons de noter
dans la jolie étude du Musée du Louvre,
n'étaient pas, chez l'artiste, des préoccu-
pations entièrement nouvelles. On les voit
déjà poindre dans quelques ouvrages,
peints autour de 1625, que possède le Musée de Madrid. L'atten-
tion, les soins que le maître apporte alors à l'étude, au choix de
la tonalité de ses enveloppes, sont particulièrement à remarquer. Dès
cette époque, en effet, Velazquez se montre attentif à donner à ses figures
des dessous ou des fonds aériens qui fassent valoir, soutiennent et exaltent,
au besoin, ses colorations. Il les cherche de préférence dans des
teintes grises, très vibrantes d'effet et comme frémissantes, plutôt actives
et résonnantes que sourdes et neutres, le plus souvent claires et
blondes, parfois aussi légèrement olivâtres et telles que nous les ren-
controns dans ce portrait, de tournure si grave, où il a représenté
Juana Pacheco, sa femme, un carton appuyé sur les genoux et dans l'at-
titude d'une personne observant attentivement un modèle placé devant
elle, ou, encore, dans la fraîche et vivante étude qu'il a improvisée
d'après sa fille Francisca.

La date d'exécution de ces deux portraits peut être fixée avec certi-

I. Voir Gazette des Beaux-arts, 2e période, t. XIX, p. 413, et t. XX, p. 229.
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