Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 20.1879

Page: 358
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LES RELIURES EN MOSAÏQUE

DU XVIIIe SIÈCLE

a reliure est un art dans lequel la
France a toujours excellé, nous
pouvons l'affirmer sans crainte
d'être contredit par personne. On
peut aller~ plus loin, et assurer
que la reliure est un art exclusi-
vement national. Si l'on excepte
en effet quelques brillants spéci-
mens des premières années de la
Renaissance italienne, où le génie
et l'inspiration débordaient de
toutes parts et s'imposaient pour ainsi dire à l'ouvrier inconscient, les
productions des pays étrangers sont en général lourdes, sans élégance
et sans goût; elles ont plutôt la mission de préserver le livre que d'en
rendre l'extérieur gracieux et aimable. Si les vélins cordés des Pays-Bas
ont droit à notre reconnaissance, ils n'ont aucun titre à notre admira-
tion. La France les adoptera à son tour, mais elle y laissera l'empreinte
de sa puissance créatrice. Nos doreurs feront courir capricieusement sur
les dos un réseau de feuillage, des compartiments de filets, qu'ils enca-
dreront de fleurs; ils décoreront les plats d'élégants motifs inspirés par
les compositions de Geoffroy Tory ou de Jean Cousin.

A toutes les époques, le génie propre de notre nation se traduit sur
la couverture des livres. Une collection de reliures depuis François Ier
jusqu'à nos jours serait une histoire complète de l'art français, où
seraient exprimées de la façon la plus exacte ses grandeurs et aussi ses
défaillances. Il serait digne d'une plume autorisée, d'un de ces écrivains
qui réunissent à la connaissance du beau le talent d'en exposer et d'en
faire comprendre les éléments, d'écrire cette histoire. La perfection
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