Ars: časopis Ústavu Dejín Umenia Slovenskej Akadémie Vied — 1.1967

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licki avait déjà émis la supposition que la forme
des sculptures de la Dormition et du Couronnement
à Ksiaznice se rattachait à l’art de Spiš.27 Le
groupe de Selca, dont je parlerai avec plus de
détails dans la suite de la présente étude, est,
à mon avis, d’une ressemblance frappante avec
la composition de la Dormition de Marie de Ksiaz-
nice Wielkie.
Les figurines de l’encadrement de la bordure
de l’arche du retable du maître-autel de Sabinov
et en particulier Ste-Catherine et Marguerite méri-
tent une attention également. Pour Ste-Marguerite
l’auteur s’inspire de la figure de Ste-Barbe de la
partie supérieure de l’encadrement du retable de
Ksiaznice. Nous retrouvons l’ordonnance identique
de la partie gauche du corps avec le pan du manteau
retenu de la main gauche. La composition de la
partie droite du corps chez les deux Saintes Vierges
révèle aussi des coïncidences semblables.
La figurine de St-Stanislas de la bordure de
l’arche du grand retable à Sabinov témoigne de
contacts iconographiques avec Cracovie. La res-
semblance frappante des traits de son visage avec
la conception „portrait“ de la figure d’argent
de St-Stanislas de Skalka donne à réfléchir.
Ces proches contacts de Maître ANS avec
l’atelier de Stosz à Cracovie trouvent une con-
firmation aussi dans les parties peintes de ce même
retable de St-Jean-Baptiste. Ses volets peints
représentant la Passion et la vie de Marie sont
proches du polyptique de Dobczyce. Un des artistes
qui ont signé au dos d’un des tableaux, Jan
Placzko, était certainement originaire de Po-
logne.28
La Madonne et Ste-Anne de la bordure du faîte
du grand retable de Sabinov qui se rapprochent
le plus fortement de l’atelier cracovien de Stosz
par le modelé des plis cassants, des fronces des
draperies cristallines, s’éloignent tant de la ligne
dynamique de Stosz que de l’arrangement décoratif
des plis de Paul de Levoča. Bien qu’ayant suc-
combé à l’influence des types de physionomie
de l’école cracovienne de Stosz, ces deux figures
portent, dans l'agencement des vêtements, l’em-
preinte de la personnalité de Maître ANS. Il nous
faut donc supposer que ces parties inférieures
du grand retable ont été exécutées non pas par
le maître lui-même, mais par son aide qui était
originaire de Pologne ou bien encore qui séjourna
un temps dans l’atelier cracovien de Stosz. D au-

tres figurines de la bordure de l’arche du retable
qui renouent avec l’art du Maître de Ksiaznice
Wielkie sont une preuve qu’il se trouvait parmi
les élèves de Maître ANS un autre aide qui fut
l’auteur des Stes-Vierges. Cet aide, à travers le
Maître de Ksiaznice, puisa également dans les
modèles de Stosz. Ainsi le développement créateur
de Paul demeura-t-il pendant la période de sa
jeunesse à Sabinov, sous l’influence encore du
milieu artistique cracovien dans lequel les tradi-
tions de son style continuèrent à se maintenir
après le départ de Stosz.
L’énorme saut fait dans l’épanouissement de
l’œuvre de Paul de Levoča depuis les figures des
apôtres de Sabinov jusqu’au retable du maître-
-autel de Levoča doit être attribué aux années
d’expériences acquises sous la direction de Stosz
dans son atelier de Nuremberg. Le moment vint
enfin où tout ce qu’il avait appris dans l’atelier
de Stosz à Cracovie et à Nuremberg et aussi de
Maître ANS, devait se fondre en un seul dénomi-
nateur commun — sa propre vision artistique.
L’œuvre dans laquelle il a essayé d’égaler Stosz
lui-même est le groupe de sculptures de Noël de la
chapelle des Csáky. Ce groupe comprenant sept
figures fut, selon les données d’archives, abrité

16. Les Saintes Vierges du retable du maître — autel de
Sabinov.


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