Société de l'Histoire de l'Art Français [Editor]
Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art Français — 1920

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LES

S'OIRÉES DU LOUVRE

AQUARELLES D’EUGÈNE GIRAUD
CONSERVÉES AU CABINET DES ESTAMPES

Lorsqu’on étudie l’histoire des beaux-arts sous le
second Empire, on est frappé de l’importance du
rôle joué par le comte de Nieuwerkerke 1, d’abord

1. Alfred-Émilien de Nieuwerkerke, né à Paris le 16 avril
1811, appartenait à une famille originaire de la Hollande, qui
s’était installée en France à la fin du règne de Louis XV.
D’après Mma de Cisternes, vicomtesse de Saint-Mars, qui nous a
laissé sous le nom de comtesse Dash les mémoires des autres,
le grand-père de M. de Nieuwerkerke avait épousé une fille
naturelle du duc d’Orléans, Philippe-Égalité, sœur de la mar-
quise de Gouy et des abbés de Saint-Phar et de Saint-Albin.
Cette parenté expliquerait les attaches très légitimistes du
futur surintendant; il débuta dans le monde chez Mme de
Senonville, fit partie des pages de Charles X et à dix-huit ans
entrait à Saumur. Sous la monarchie de Juillet, l’ancien page,
devenu sculpteur, aimait cependant à figurer dans l’état-major
du marquis de Lawoestine, commandant de la garde nationale,
dont il était officier d’ordonnance. Nous verrons que, lorsqu’il
fut rallié au parti de Louis-Napoléon, il ne renia jamais ses
anciens amis. Le prince-président, ayant apprécié en lui l’artiste
et l’homme de goût, le nomma directeur général des Musées
Nationaux le 25 décembre 1849. E Y avait alors sept ans que le
comte de Nieuwerkerke, élève de Marochetti, avait débuté au
Salon de 1842 avec un buste du comte de Ganay. En 1848, on
avait remarqué sa statue équestre du prince d’Orange et un buste
du marquis de Mortemart; d’autres bustes, ainsi que sa statue
de Descartes au Salon de 1849, avaient achevé de le faire con-
naître. Sans abandonner le moins du monde l’ébauchoir, car
il conserva jusqu’à la fin de l'Empire son atelier du Louvre
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