La chronique des arts et de la curiosité — 1921

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CHRONIQUE DES ARTS

NOUVELLES

Actes officiels

Le dahirdu 17 décembre 1920 a créé une
direction de l'Instruction publique, des Beaux-
Arts et des Antiquités au Maroc. Cette direction
comprend, outre les différents services de l’Ensei-
gnement, l’ancien Service des Beaux-Arts qui est
désormais divisé en trois services indépendants
les uns des autres :

Antiquitéspréislamiques. Conservation des anti-
quités préislamiques ; direction et inspection des
fouilles.

Monuments historiques, palais impériaux et rési-
dences. Conservation des monuments historiques ;
cpnstruction et entretien des palais impériaux et
des résidences ; construction et aménagement des
musées.

Arts indigènes. Organisation, administration et
contrôle de l’apprentissage des métiers d’art
indigène'; conservation et entretien des musées
d’art indigène.

Le directeur de l’Instruction publique, des
Beaux-Arts et des Antiquités est M. Georges
Hardy ; le chef du Service des Antiquités préis-
lamiques, M. Louis Châtelain ; celui du Service
des Monuments historiques, M. Pauty; celui du
Service des Arts indigènes, M.Prosper Ricard.

Musées

Le musée du Louvre vient d’acquérir un
rétable de bois sculpté peint et doré, du xvie siè-
cle, que lui a cédé la commune de Colligny
(Marne). Ce rétable formait un triptyque dont
la partie centrale subsiste seule. Elle présente
trois groupes figurant des scènes de la Passion :
le Portement de croix, la Descente de croix, et la
Crucifixion, et deux autres groupes qui forment
le soubassement du calvaire.

■** Depuis le 27 mars, le château de Chan-
tilly est ouvert aux visiteurs de une heure à cinq
heures, le dimanche, le jeudi et les jours de fêtes
légales, gratuitement, et le samedi moyennant
un droit d’entrée de deux francs par personne.
Aux jours de courses à Chantilly, en juin et
septembre, le château ne sera pas ouvert.

Dons et legs

*** M",e Jules Ferry, veuve de l’homme
d’Etat, décédée l’an dernier, a laissé un testament >
aux termes duquel elle lègue au musée du Louvre
le portrait de Jules Ferry par M. Léon Bonnat,
son propre portrait par Hébert, et celui de sa
grand’mère, Mme Kestner, par Henner. Elle
confie la garde et laisse la jouissance de ce der-
nier portrait à sa nièce, M"’e Georges Claretie,
sa vie durant.

*** Le professeur Guyon, membre de l’Ins-
titut et de l’Académie de médecine, décédé il y
quelques mois, a légué au Musée du Louvre un
groupe en marbre, Pygmalion et Galatée, œuvre
de Falconet.

■ Un décret du 15 mars prononce l’accep-
tation d’un don fait au Musée de l’armée par un
négociant parisien, M. Léonard Rosenthal. Ce
don comprend notamment deux aquarelles de
drapeaux de la garde nationale de 1792, un
tableau de la garde nationale parisienne, 1790 ;
unepierredela Bastille aveceffigiesde LouisXVI,
Bailly, La Fayette; un plan de la Bastille ; un
portrait de La Fayette, par Mme Joubert; un
dessin représentant George Washington, La
Fayette; un médaillon de Bolivar, par David
d’Angers; et des meubles de l’époque révolu-
tionnaire.

Distinctions honorifiques

*** M. Edmund Davis, le collectionneur
anglais, qui a donné, en 1915, de nombreuses
peintures anglaises au musée du Luxembourg,
vient'd’être promu officier de la Légion d’hon-
neur.

.*** Par décret du 16 mars, M. Henri
Duparc, compositeur de musique, est nommé
chevalier de la Légion d’honneur.

Nouvelles diverses

*** En explorant des hangars qui dépendent
du domaine, le service d’architecture du Palais
de Versailles a trouvé le socle en forme de
double vasque qui portait, dans l’ancienne grotte
de Thétis, le groupe d'Apollon et les nymphes,
chef-d’œuvre de Girardon et de Regnaudin,
aujourd’hui placé dans le bosquet des Bains
d’Apollon. Ce groupe avait été posé dans la
grotte de Thétis, quelques semaines après l’achè-
vement de celle-ci, vers 1668. En 1686, groupe
et socle furent transportés dans le bosquet de la
Renommée, et ils figurent sur l’estampe de
L. Simonneau le jeune (1688). On les retrouve,
en 1704, dans le bosquet du Marais, sur l’em-
placement duquel s’éleva, au xvine siècle, le
bosquet des Bains d’Apollon. Le socle avait
disparu au moment de la réfection du bosquet
d’Apollon par Hubert-Robert (1778-1779).

De plus, l’architecte du Palais, M. Chausse-
miche, a découvert une grande statue décorative
de Diane Chasseresse, en pierre, malheureusement
mutilée des deux bras. La déesse, debout, était
accompagnée d’un lévrier qui a disparu, et dont
les quatre pieds seuls indiquent le mouvement.

*** Sur l’initiative de M. Loudon, ministre
des Pays-Bas à Paris, une exposition d’art hol-
landais organisée au profit des régions libérées
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