La chronique des arts et de la curiosité — 1921

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CHRONIQUE DES ARTS

Appia, Les cyprès de la villa d’Este. La suite de paysages
et vues de France qu’il expose en même temps est un
charmant témoignage de la compréhension que l’artiste
a de notre pays, de la Normandie en particulier, dont
il aime les arbres, le ciel, les chaumières blotties, les
maisons roses et les toits de chaume.

Dans les galeries du musée de Crillon, l’association
« L’art de France » a eu l’excellente idée de grouper
dans un beau décor de meubles anciens des peintures
et des sculptures modernes. C’est la meilleure démon-
stration de la façon harmonieuse dont peuvent s’ac-
corder les productions des artistes modernes avec celles
des anciens. Évidemment il faut du tact dans ce choix,
mais des natures mortes comme celles.de Mlle Margue-
rite Crissay, raisins transparents et pêches savoureu-
ses, la Petite paysanne, de M. Henri Déziré, les projets
décoratifs de M. Raymond Charmaison, les fleurs de
M. André Jolly, les paysages de M. Jean Deville,
seront partout à leur place. Signalons encore dans
cette exposition de calmes paysages de M. Léon
Parent, des compositions bien établies de M. Louis
Chariot, et les toiles aux plans simplifiés de M-. Georges
Déon, très soumis à l’influence de M. Flandrin ;
M. Guillaume Dulac, qui ne montre ici que de très
séduisantes esquisses, a des dons de peintre ; on dési-
rerait le voir pousser plus loin son travail.

Deux expositions de femmes, celle de Mme Bardey
à la galerie Bernheim, et celle de Mme Guus Van Don-
gen, à la galerie Artes nous ont fourni l’occasion
d’apprécier les dons artistiques réels de ces deux
artistes et leurs facultés d’assimilation, avec plus de
charme chez la seconde, plus de savoir-faire chez la
première.

Notons en passant, les œuvres de deux artistes
étrangers, à la galerie Druet. L’État a acheté une
peinture de l’un d’eux, M. Ekegardh, exécutée dans
des tons froids d’une gamme assez pauvre. Signa-
lons enfin une des premières expositions d’aquarellistes
qui a eu lieu chez Georges Petit, où parmi tant de
talents trop habiles, je ne vois à citer que les études
de Mme Boit et les envois de MUe Suzanne Crépin.

H. Genet

Institut de France

Séance trimestrielle (19 octobre)

M. Widor a donné lecture d’un rapport sur le
déplacement et l’arrangement des bustes qui décorent
les salles et les couloirs de l’Institut. Par suite de
l’encombrement, une certaine quantité d’entre eux ont'
été envoyés au Musée Jacquemart-André.

M. Lyon-Caen a entretenu ensuite l’assemblée de
la maison de l’Institut de France à Londres et de son
fonctionnement depuis son ouverture: une trentaine de
travailleurs y ont jusqu’ici-trouvé une généreuse et
précieuse hospitalité.

Séance publique annuelle des Cinq Académies (2 j octobre)

M. Henry Lemonnier, délégué de l’Académie des
Beaux-Arts, donne lecture d’un intéressant travail sur
les châteaux successifs de Chantilly et les collections
d’art réunies dans le Musée Condé par le duc d’Aumale.

Académie des Inscriptions

Séance du 14 octobre

Une somme de 1 5 .000. francs est mise à la dispo-
sition du P. Delattre, correspondant de l’Académie,
pour la continuation des fouilles de Carthage.

M. le comte Durrieu dépose sur le bureau un ou-
vrage en français, accompagné d’illustrations, sur
L'art religieux finlandais au Moyen âge, œuvre collective
de savants finlandais.

M. Lacau communique à l’Académie un rapport sur
les travaux exécutés au cours de l’année par le service
des antiquités d’Egypte. Il décrit chacun des chantiers
qui ont été ouverts et met en relief les résultats qui
ont été obtenus.

Séance du 21 octobre

L’Académie accorde une somme de 2.500 francs
pour la réparation des. remparts du château de Haon-
le-Chàtel (Loire), et une somme de 4.000 francs pour
la réparation de l’église et du clocher de Villeneüve-
les-Genets (Yonne).

M. ' Ch. Picard, directeur de l’École française
d’Athènes, expose les résultats des fouilles pratiquées
par l’École d’Athènes au cours de l’année. Il commu-
nique des plans et des photographies explicatives des
abondantes découvertes qui ont été faites.

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Académie des Sciences

Séance du 27 octobre •

M. Bigourdan communique, au nom du Dr Beau-
douin, une note sur des représentations de la Grande
Ourse trouvées sur des documents préhistoriques. La
Dr Beaudouin signale cinq de ces documents. On
aurait pu les confondre avec des arborescences qui
souvent ont la même allure générale, mais trois sur
cinq de ces représentations graphiques ne peuvent être
confondues, car nos aïeux préhistoriques ont repré-
senté non seulement les sept étoiles du Grand Chariot,
mais aussi le petit compagnon de la deuxième étoile
de l’essieu, Alcor.

Ces représentations de la Grande Ourse ont été
trouvées aussi sur des rochers fixes, et notamment sur
les alignements druidiques de Carnac.

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CORRESPONDANCE DE SUISSE

L’Exposition Hodler à Berne

Grâce à l’énergie .de M. C. de Mandach, conservateur
du Musée des Beaux-Arts de Berne, la capitale de la
Confédération abrita du 20 août au 23 octobre une
exposition de l’œuvre de Hodler dont l’importance,
sans doute, ne sera jamais égalée. C’est à peine si deux
bâtiments, le Musée des Beaux-Arts et la Kunsthalle
ont suffi pour loger les grandes compositions, les por-
traits, les paysages, les aquarelles, les esquisses, les
dessins qui la constituent.

Le catalogue (précieux monument élevé par M. C.
de Mandach à celui qu’il considère avec raison « comme
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