Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 3. Pér. 3.1890

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BIBLIOGRAPHIE

La Vie et l’Œuvre de Jean Bellegambe *.

n remuant pendant une longue vie de labeur la masse d’archives
où il a trouvé les éléments de son Histoire de l'art dans la Flandre,
l’Artois et le Hainaut -, Mer Charles Dehaisnes ne s’est point arrêté
à l’aurore du xve siècle où se termine son livre. Après avoir exploré
les documents d’époques où ils sont plus nombreux que les monu-
ments, il ne pouvait négliger ceux d’un temps où ces derniers abondent et nous
offrent des chefs-d’œuvre qui ont renouvelé l’art.

En recueillant donc les pièces d’une suite naturelle de son premier livre,
Mer Dehaisnes a rencontré un artiste douaisien dont un dessin, tracé d’une main
peu habile et conservé dans un manuscrit de la Bibliothèque d’Arras, lui donnait
le portrait, et dont cette inscription, tracée du milieu du xvi° siècle, lui donnait le
nom : « Maistre Jehan Bellegambe, painctre excellent. »

On ne pouvait attribuer aucune œuvre à ce « maître des couleurs », qui, depuis
longtemps, préoccupait M«r Dehaisnes ainsi que les érudits de Douai, lorsque
M. A. Wautcrs, archiviste de la ville de Bruxelles, trouva, en -1862, dans un
Mémorial manuscrit de l’abbaye d’Anchin, la mention suivante :

i Les plus excellentes peintures sont de la table du grand autel ù doubles feuil-
lets, peincturée par l'excellent peintre Belgambe... »

Or ce retable de l’abbaye d’Anchin est aujourd’hui conservé dans une salle de
la sacristie de l’église Notre-Dame de Douai, de telle sorte que la peinture qui est,
dit-on, remarquable, et son auteur, devenus désormais inséparables, arrivèrent du
même coup à la célébrité dans le petit monde des érudits qui ont l’histoire de la
peinture pour sujet de leurs études.

Bientôt les comparaisons, aidées de quelques textes, permirent d’attribuer
d’autres œuvres au peintre du retable d’Anchin, tandis que les documents épars
dans un certain nombre de dépôts, patiemment recueillis et habilement mis en
œuvre, ont fourni à M«r Dehaisnes les éléments d’une biographie qui laisse
encore malheureusement d’importantes lacunes tant sur les origines du peintre
douaisien que sur les maîtres qui l’ont formé.

L’auteur montre bien, à l’aide des textes, que les imagiers et les peintres étaient

1. Par Mgr C. Dehaisnes, I vol. grand in-8", orné de gravures. L. Quarré. Lille, 1890.

2. Gazette des Beaux-Arts, 2‘ p., t. XXXV, pp. 158 et 291.
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