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Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 3. Pér. 3.1890

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https://doi.org/10.11588/diglit.24447#0432

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EUGÈNE PIOT

LES OBJETS D’ART LÉGUÉS AU MUSÉE DU LOUVRE

En France, où tout change si vite,
du moins en apparence, une seule chose
est restée presque immuable dans nos
mœurs administratives. C’est la maigre
dotation budgétaire de nos musées na-
tionaux. Les cent mille livres votées en
1793 par la Convention, pour les acqui-
sitions d’œuvres d’art 1 à une époque où
100,000 francs valaient plus d’un mil-
lion de notre monnaie, ne sont repré-
sentées aujourd’hui que par une pauvre
somme de 162,000 francs. L’indifférence
du législateur a persisté sous tous les
régimes politiques. La caisse des Musées
nationaux, si elle existe jamais, en fait,
aura mis bien longtemps à voir le jour.
Existerait-elle, même en projet, si une
généreuse dotation particulière n’avait
rendu sa création nécessaire et n’avait
en quelque sorte forcé par un dépôt le
guichet qui ne voulait pas s’ouvrir’? Les

•1. Décret du 27 juillet 1793. — Art. 4. — «11
sera mis à la disposition du ministre de l'Inté-
rieur, par la Trésorerie nationale, provisoire-
ment, une somme de 100,000 livres par an pour
faire acheter dans les ventes particulières les
tableaux ou statues qu'il importe à la République
de ne pas laisser passer dans les pays étrangers,
et qui seront déposés au Musée, sur la demande
de la commission des monuments. »

2. Une somme de 130,000 francs, grevée d'une rente de peu d’importance, a été
 
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