Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 3. Pér. 3.1890

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LE

REMBRANDT DU PEGQ

ous avons pensé que nos lecteurs sau-
raient gré à la Gazette des Beaux-Arts
de mettre sous leurs yeux la gravure
d’un tableau dont la découverte a fait
tant de bruit et qui a si fort excité
l’humeur batailleuse des critiques, des
amateurs et des artistes. Aujourd’hui
le débat est assoupi; notre intention
n’est point de le ranimer. Chacun a
dit son mot; les oracles en matière
rembranesque ont exposé leurs arguments, ou, pour parler plus juste,
leur sentiment, car d’arguments topiques, décisifs, il n’en a pas été
produit. En expliquant le sujet du tableau ', que personne ne semblait
avoir compris, eten faisant justicede la date imaginaire de 1656, nous
avons indiqué tout ce qu’il y avait eu de hâtif et de trop absolu dans
les opinions émises. L’équité nous fait un devoir de reconnaître que
des connaisseurs éprouvés, comme MM. Donnât et Emile Michel, se
sont prononcés contre l’attribution à Rembrandt. Ceci peut évidem-
ment donner à réfléchir aux partisans de l’opinion adverse. D’autre 1

1. Voir la Chronique des Arts du 22 février. Depuis, un critique belge,
M. Armand Thierry [Revue générale, mars 1890), a proposé une autre explication.
Selon lui, ce serait une épisode de l’histoire de Tobie, liaguel recevant à sa table te
jeune Tubie et l'archange Raphaël. L’explication est ingénieuse et n'est pas absolu-
ment inadmissible, malgré i|u’cllc ne s'accorde, ni avec certains détails de mise en
scène, ni avec le mouvement des ligures qui toutes regardent le personnage qui
s’approche, et qui, dans ce cas, ne saurait être un simple serviteur, ni avec les
rayons qui nimbent lu ligure du vieillard é barbe blanche.
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