Institut Français d'Archéologie Orientale <al-Qāhira> [Editor]; Mission Archéologique Française <al-Qāhira> [Editor]
Recueil de travaux relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptiennes et assyriennes: pour servir de bullletin à la Mission Française du Caire — 26.1904

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LA STÈLE DE SI-MONTOU-OUSIR

PAR

Jules Baillet

De la traduction d'un mot dépend souvent le sens général d'un morceau avec sa
couleur propre. J'en veux prendre aujourd'hui pour exemple l'inscription d'une stèle
conservée au Musée de Florence sous le n° 6365. M. Schiaparelli l'a publiée et traduite
dans son Catalogue, p. 489-490.

En voici le texte et la traduction par l'érudit italien : | n 11 ( ( gwwv ^> |

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^^(| - - a (Quelli che passano presso questo monumento) ricordino

» Samentuuser. (Egli) dice : io fui il primo dell' aiila, il maggiordomo del vestibolo
» nel tempio di Mentu; adempii incarichi nella casa del governatore, io préparai la
» strada délia sua città, abbellii i laghetti innalzando dei sicomori, io costrui una dimora
» grande nella sua città, scavai (per lui) una tomba nella sua montagna : io fabbricai i
» vasi per la mia (sua) città, e li trasportavo colla mia barca; io stavo pronto a traspor-
» tare i suoi coloni (con essa), flno a che venue per me il giorno felice, e in esso diedi
» quella (la barca) al mio figlio con quanto vi era in casa. »

Au premier abord, j'ai considéré Si-montou-ousir comme un bienfaiteur de ses
concitoyens; et c'était bien aussi, je pense, l'impression de M. Schiaparelli. La stèle en
question augmenterait la collection des textes contemporains du premier empire thé-
bain où le défunt vante sa bonté, sa générosité pour tous, sa charité pour les malheu-
reux. Elle s'en distinguerait par quelques détails originaux. Si-montou-ousir aurait
comblé de ses libéralités sa ville natale, à savoir, selon M. Schiaparelli, Ermonthis,
sanctuaire de Montou et berceau de la XIe dynastie. Il en aurait surtout soigné le bel
aspect : il y aurait tracé une belle rue, creusé de beaux étangs ombragés de sycomores,
bâti une maison qui, par ses dimensions, fit honneur à son pays, ainsi que sa syringe
dans sa montagne. Cependant il n'aurait pas négligé l'assistance matérielle et aurait
pratiqué le précepte de « donner à boire à qui a soif » et de « passer qui manque de ba-
teau » : ainsi aurait-il fabriqué et apporté dans sa barque des amphores pour ses con-
citoyens, et se serait-il toujours tenu prêt à transporter sur le Nil ses paysans; à sa
mort, il aurait transmis à son fils sa barque, sans doute comme symbole et comme
instrument de bienfaits futurs.

Après un examen attentif, mon appréciation s'est modifiée du tout au tout. En
effet, le défunt n'a pas dû éviter soigneusement tous les termes par lesquels s'exprime
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