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Institut Français d'Archéologie Orientale <al-Qāhira> [Editor]; Mission Archéologique Française <al-Qāhira> [Editor]
Recueil de travaux relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptiennes et assyriennes: pour servir de bullletin à la Mission Française du Caire — 26.1904

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https://doi.org/10.11588/diglit.12681#0179

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LES OPÉRATIONS MILITAIRES DE THOUTMÈS 111

169

LES OPÉRATIONS MILITAIRES DE THOUTMÈS III

APRÈS LA PRISE DE MAGEDDO

par

Eugène dk Passykinn

Capitaine en second de la Garde impériale de Russie

En étudiant les noms de différents lieux de la Syrie sur les listes géographiques de
Karnak1 (règne de Thoutmès III) et en les plaçant sur la carte (d'après les travaux sur
ce sujet de MM. G. Maspero et \V. Max Millier), on remarque que ces noms se divisent
en deux parties : 1° les noms à partir du n° 1 jusqu'au n° 120, — aucun d'eux ne dépasse
au nord la hauteur de Beyrout, — et 2° les noms entre les n03 120 et 359, qui sont tous,
au contraire, plus septentrionaux que Beyrout. La première catégorie se trouve sur les
pylônes de Karnak en trois exemplaires, mais la seconde n'est écrite qu'une seule fois,
et je crois qu'il sera permis de penser que les noms de la première série sont ceux qui
se trouvaient sur le théâtre des opérations militaires, à une époque plus rapprochée de la
bataille de Mageddo que la période de la guerre pendant laquelle les troupes égyp-
tiennes ont visité les lieux correspondants aux noms des nos 120-359. Cette conclusion
est confirmée encore par le fait que, sur le pylône VI (d'après le plan de Mariette),
qui est le plus ancien parmi les pylônes contenant ces listes du règne de Thoutmès III*,
se trouve seulement la première série des noms.

11 n'y a qu'un très petit nombre des noms énumérés à la suite du n° 119, qu'on
peut placer sur la carte; il y en a beaucoup parmi ces derniers, dont la position géogra-
phique reste incertaine, et de plus il se trouve un certain nombre de localités, les-
quelles doivent être placées si loin à.l'est, qu'on ne pourrait jamais supposer que l'armée
égyptienne eût pénétré jusqu'à elles, au cœur de la Mésopotamie3. Les Égyptiens en
ont pris connaissance probablement pendant leur séjour au Naharina (on peut supposer
des relations commerciales ou l'arrivée de quelques ambassades avec des présents), et
les scribes, comme il arrive souvent, les ont placés parmi ceux des pays vaincus par
pure vanité. C'est à cette cause que l'étude des noms compris entre les nos 120-359 ne
peut avoir une importance voulue, au point de vue des opérations militaires.

Mais je crois que la première série des noms (nos 1-119) se présente dans des
conditions très différentes. Comme j'ai déjà eu l'occasion de le remarquer, ils ne se pro-
longent au nord que jusqu'à la hauteur de Beyrout, c'est-à-dire qu'ils sont placés indu-
bitablement sur le théâtre de la guerre de Thoutmès III, et en plus qu'ils ont été l'objet
des opérations qui suivirent immédiatement la bataille de Mageddo. Après cette
dernière, Thoutmès III, ayant remporté La victoire, n'avait fait que le premier pas dans
la conquête de la Syrie; en effet, la seule suite matérielle qu'il eût obtenue était que
la coalition formée contre l'Egypte cessât d'exister, mais les membres de cette union

L A. Mariette, Karnak, pl. 17-21.

2. A. Mariutte, Karnak, texte, p. 2, rem. 4.

3. C'est aussi l'opinion de W. Max Mùller, Asien and Europa, p. 291.

recukil, xxvi. — nouv. 8ér., x H
 
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