Revue égyptologique — 1.1880

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Intervention des enfants chez les Assyriens par M. Oppert. 97

comme le prouve un autre acte de Memphis, dont nous aurons à parler, — ce pauvre mari,
dis-je, était souvent récompensé d'une singulière manière de tous ses sacrifices. Témoin
l'aventure du père des jumelles, qui, laissant tout à sa femme, est encore obligé de sup-
porter dans le domicile conjugal le soldat amant de celle-ci, jusqu'au jour où le voyant, le
sabre en main, prêt à le tuer, il s'enfuit, chassé de chez lui. Il mourut de douleur, et ses
deux filles se virent jetées à la porte, sans pouvoir rien réclamer des biens assez considérables
qu'il laissait. J'ai déjà raconté dans ma Chrestomathie démotique cette lamentable histoire, sur
laquelle j'aurai peut-être à revenir. En somme, le divorce, permis aux parties, n'avait fait
que donner à l'adultère plus d'audace. C'était une porte, mais une porte se fermant devant
le plus faible d'esprit et de cœur.

note annexe

SUR LES DROITS DU FILS AÎNÉ COMME KURIOS.

Nous avons vu plus haut, (p. 90 et 91,) que le fils aîné devenait Kurios des biens du
père en cas de dissolution du mariage par la mort ou le divorce. Le papyrus 379 de Leyde
nous offre un bel exemple de cette situation toute particulière du fils aîné, devenu, pour ainsi
dire, le chef de la famille. Il s'agit dans l'espèce d'un riche choachyte de Memphis qui avait
laissé une veuve, deux fils et une fille. Le fils aîné, mis en lieu et place du père, fit des
écrits de parts à son frère et à sa sœur, en donnant un tiers à son frère, et en prélevant
pour lui-même, comme fils aîné, un douzième sur la part de sa sœur. Le frère cadet lui fit
de son côté un écrit de cession ou d'abandon sur le tiers et le 12° qu'il s'était attribué, et la
sœur se borna, ainsi que la mère, à adhérer aux actes de partage du frère aîné et de cession
du frère cadet. Nous aurons à revenir sur cet acte fort intéressant, tant à propos de l'hypo-
thèque de la femme qu'à propos des droits des enfants, ainsi que des coutumes particulières
de Memphis et de leur introduction en Thébaide. La femme avait en effet dans la Basse-
Égypte un rôle souvent plus effacé, en fait, que dans la Haute-Égypte, bien que le fils aîné
possédât à Thèbes le droit de Kurios dans tous les contrats de mariage, et que ce droit ne
put être entamé que par les actes postérieurs faits en faveur de la femme.

note annexe

SUR L'INTERVENTION DES ENFANTS DANS LES ACTES

CHEZ LES ASSYRIENS

PAS

M. Oppert.

Une donation de 2 mines % drachmes, du 29 Sebat de l'année 24 du règne de

Nabuchodonosor, (janvier, 580 a. J.-Chr.,) est faite à une femme. Le père, la mère, et les

quatre enfants, (dont deux garçons âgés de deux ans), interviennent. Le fait est que le père,

nommé Bel-ediranni, est l'acteur principal qui constitue la donation, ma hudu libbisu, « d'après

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