Revue égyptologique — 1.1880

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Notice nécrologique, par M. Oppert.

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du courage du nouveau martyr de sa secte, illustre athlète de la foi égyptienne1. Macaire,
en effet, avait été au premier concile d'Éphèse, l'un des compagnons de S' Cyrille. Il sou-
scrivit ainsi aux actes comme évêque d'Antacopolis (tuoou-) ; et depuis cette époque il con-
serva toujours contre le Nestorianisme une haine ardente. Malheureusement il se trouvait dans
d'assez mauvaises conditions pour juger des questions de controverse doctrinale, reposant avant
tout sur la propriété des termes et le sens qu'on leur attribue. Non seulement, comme la
plupart des Égyptiens, il ne connaissait pas la langue latine dans laquelle S* Léon avait
écrit sa célèbre lettre à Flavien, mais encore, à l'exception des mots que le copte naturalisa,
pour ainsi dire, il ne connaissait rien à la langue grecque. Cependant aux yeux des Égyp-
tiens il représentait S* Cyrille, dont il avait été le collaborateur dans la grande œuvre de
la foi. Peut-être même — comme son intime ami Sénuti — se souvenait-il des temps des
Théophile et des Athanase. C'était un débris des vieux âges, un témoin des temps héroïques.
Aussi bien qu'il n'eût pas siégé au deuxième concile d'Éphèse et au synode postérieur de
Nicéc, crut-il devoir, malgré son grand âge et les hésitations de la plupart des autres évôques,
sortir de sa retraite pour défendre, en son patriarche, l'orthodoxie traditionnelle du siège de
S* Marc, contre ce qu'il croyait être une forme nouvelle des hérésies d'Anus et de Nestorius.
Laissons maintenant parler Dioscore lui-même.

(La suite au prochain numéro.)

NOTICE NÉCROLOGIQUE SUE M. DE SATJLCY

PAR

M. Oppert.

L'archéologie vient de faire une perte énorme qui ne sera pas seulement ressentie en France, mais qui
affectera douloureusement les savants de tous les pays. M. de Saulcy est mort subitement dans la nuit du
a au 4 novembre dernier. Ses amis ne déplorent pas seulement la disparition d'un savant qui a laissé soixante
volumes et qui jusqu'au dernier souffle ne pensait qu'à ses travaux et ne vivait qu'en eux; ils se souvien-
dront, leur vie durant, de l'homme aimable, bon et aimé qui put se concilier l'affection même de ceux qui
avaient commencé par le combattre, et qui ne laissa jamais s'éteindre l'affection vouée à un de ses amis.

Loujs-Félicien-Joseph-Caignart de Saulcy était né à Lille le 19 mars 1S07. Entré à l'école poly-
technique à l'âge de 18 ans, il se sentit attiré surtout vers les mathématiques et fut nommé, à sa sortie,
dans l'artillerie. Comme lieutenant, employé à l'école d'application de Metz, il se consacra avec ardeur à
l'étude des monnaies, et obtint déjà le prix de numismatique à l'Institut pour son Essai de classification des
suites monétaires byzantines. Cet écrit, ses mémoires sur les monnaies autonomes d'Espagne et des archiducs
de Lorraine lui valurent le titre de correspondant de l'Institut. Professeur de mécanique à Metz en 1838,
il fut bientôt appelé à la conservation du musée d'artillerie de Paris, et devint le successeur de Mionnet à
l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres en 1842, à l'âge de 35 ans.

Une fois académicien, la fécondité de cet esprit ingénieux fut considérable. La numismatique dut
céder le pas à l'épigraphie : M. de Saulcy se dévoua successivement aux inscriptions celtibériennes, libyques,
phéniciennes et démotiques. Les découvertes de Botta le jetèrent vers les textes cunéiformes et pendant
six ans, de 1847 à 1SÛ3, il se consacra — l'un des premiers — presque exclusivement, aux textes médiques
et assyriens, dont il a préparé efficacement, par ses vues souvent très-justes, le déchiffrement et l'inter-
prétation. Il aborda aussi les textes arméniques de Van et traita avec une rare perspicacité la chronologie
des empires d'Assyrie, de Babylone et do Médie.

La perte de sa première femme le porta à se distraire par un voyage à Jérusalem; c'est de là que
date une partie considérable de ses travaux sur l'histoire, l'archéologie et la numismatique juives. Le Voyar/e
en Terre Sainte, Les derniers jours de Jérusalem, L'Histoire cFBérode, Les Etudes sur la numismatique judaïque, Le
Second voyaye appartiennent aux travaux les plus sérieux qui aient été écrits sur ces questions.

• Les monophysistes ont réuni ses ossements à ceux des deux Macaire de Scété, les célèbres pères
du désert.
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