Revue égyptologique — 1.1880

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Récits de Dioscore.

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était de même jusqu'au décret de Rosette et ce fut alors qu'Épipliane « exempta les hommes
» qui parmi les puissances des temples de leur apparition qu'ils faisaient à Alexandrie par
» année1». Il est intéressant de voir que c'est sous Philadelphe que, par ordre royal formel,
cette coutume commença à s'établir.

(La suite prochainement.)

EÉCITS DE DIOSCOKE

EXILÉ A GANGRES

SUE LE CONCILE DE CHALCÉDOINE.
Premier récit.

Synode d'Alexandrie et départ de Dioscore pour Constantinople, son voyage

avec Macaire.

Dans le conciliabule d'Épbèse, le patriarche d'Alexandrie, Dioscore, l'avait complètement
emporté. Il avait condamné et chassé de son siège Flavien, patriarche de Constantinople,
(qu'il avait remplacé par l'Égyptien Anatolius), puis fait confirmer toutes ses décisions par
l'empereur Théodose II, en dépit du pape S* Léon, appuyé par la princesse impériale,
Pulchérie, alors du reste retirée du monde.

Les choses en étaient là, quand, dans une promenade, le cheval de Théodose fit un
écart et renversa son maître, qu'on rapporta tout sanglant. Pulchérie quitta aussitôt sa retraite
et se rendit au palais. Elle fit écarter Chrysaphius, le principal ministre de Théodose, assista
elle-même aux derniers moments de son frère, et, après sa mort, prit en qualité à'Augusta
les rênes du gouvernement. Peu de temps après, un brave général, nommé Marcien, fut
par elle associé à l'empire comme son époux. Tout en gardant ses vœux, Pulchérie cessa
donc désormais d'être religieuse et redevint'2 réellement impératrice.

Dioscore comprit de suite toute la portée qu'avait pour lui cette révolution. Il savait
dès longtemps l'inimitié que nourrissait contre lui l'augusta Pulchérie, et les sentiments du
nouvel empereur. Il s'apprêta donc à la lutte et assembla rapidement à Alexandrie les
évêques qui dépendaient de sa juridiction et qui, au nombre de plus de cinquante, avaient
d'abord accompagné son prédécesseur S' Cyrille au deuxième concile général, tenu à Éphèse
contre Nestorius de Constantinople, puis l'avaient assisté lui-même lors de l'assemblée réunie
dans la même ville contre Flavien.

Le patriarche égyptien trouva, comme toujours, son clergé soumis et obéissant. — C'était
là un usage absolument invariable en Egypte depuis longues années et qui s'appuyait sur
un canon formel du vénéré concile de Nicée3. — Mais un grand nombre des prélats qui le
composaient, étaient découragés.

Un souverain suspect, une impératrice rancuneuse, un pape irrité, c'étaient là, à la vérité,
de tristes conditions préparatoires pour la guerre qui allait commencer.

1 Voir encore ma Chrestomathie dé?notique, p. 17 et 18.

2 Elle avait déjà été régente sous la minorité de son frère.

3 Le canon sixième qui compare, à ce point do vue, la coutume de l'Eglise de Rome et celle d'Alc-
. xandrie. — Nous verrons bientôt dans la vie de s* Aphou, évoque d'Oxyrinque, que nous publierons

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