Revue égyptologique — 1.1880

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La question du divorce chez les Égyptiens.

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Quoi qu'il en soit du reste, et même en admettant l'hypothèse la plus favorable, il est
certain que les allocations en blé ou en argent sous les Ptolémées ne répondaient guères à
l'extrême richesse des temples sous les anciennes dynasties égyptiennes.

Ils avaient alors possédé des biens fonds immenses, le tiers de l'Egypte, suivant Dio-
dore de Sicile. Leurs revenus comprenaient en outre les produits de magnifiques fondations
royales, des contributions en nature, des dîmes et parts proportionnelles de toutes sortes etc.

Puis est venue la confiscation de toute cette fortune des temples. Cette confiscation a
été graduelle. Déjà commencée sous Amasis, alors que les Grecs étaient reçus dans les capi-
tales de l'Egypte comme auxiliaires et gardes du roi, elle s'est complétée peu à peu sous le
règne des étrangers; et enfin, comme compensation minime, mais inévitable, les Ptolémées
durent organiser la ouvtoÇiç ou budget des cultes.

LA QUESTION DU DIVOECE CHEZ LES ÉGYPTIENS.

Dans les nouveaux horizons que vient de nous ouvrir le déchiffrement des contrats
démotiques, l'une des plus attrayantes révélations est assurément celle de l'organisation de
la famille aux temps de l'antique civilisation égyptienne. Le mariage, l'état social de la
femme, les droits de l'enfant, ce sont là, certes, choses fort intéressantes à connaître chez
un peuple dont les Grecs ont si hautement vanté la sagesse et dont ils admiraient les insti-
tutions bien au dessus de celles de toutes les nations voisines. Qui a lu Diodore de Sicile
se rappelle à ce sujet son naïf enthousiasme; et cet enthousiasme était en quelque sorte tra-
ditionnel, puisque les plus grands philosophes de l'antiquité sont venus prendre des leçons
dans la vallée du Nil, et que de là aussi les Athéniens se vantaient avec orgueil d'être issus.

J'ai déjà eu l'occasion de parler plusieurs fois des contrats de mariage égyptiens
Mais les matériaux viennent abonder de plus eu plus, en éclairant tout d'une lumière plus
vive. Chaque point d'étude se présente ainsi avec plus de netteté; et, de la sorte, je me sens
amené par la traduction d'un nouveau contrat à examiner rapidement quelle solution les
Égyptiens avaient donnée à la question du divorce. Mais, avant tout, je dois faire une re-
marque préjudicielle de la plus haute importance pour l'intelligence de ce que nous avons
à étudier.

lettres : /a)./ou t«à (avec la sigle ordinaire du talent) ai yi/.ixç ei/.o<ji, et en. chiffres : ta), a « (avec le a
surmonté du crochet indiquant les milliers). Dans deux des notes de contrôle qui suivent la lettre admi-
nistrative, les 20 drachmes ont été négligées, et on n'a tenu compte que du principal : un talent et mille
drachmes de cuivre. Mais ce qui ne nous avait pas frappé d'abord, c'est la date même de cette pièce, le
4 de pharmouthi, c'est-à-dire du 8e mois de l'année égyptienne. Évidemment il ne s'agissait pas du mon-
tant général d'une suvtoÇi; annuelle, laquelle était versée au début de l'année, mais de quelque somme
afférente à une liturgie particulière, accomplie, chaque année, dans le mois de pharmouthi, et réclamée alors
par les prêtres. En effet, chaque liturgie avait sa ouvrai?, comme nous l'avons vu pour les jumelles du
sérapeum qui font à ce sujet une série de réclamations spéciales. Nous ignorons donc quel était le chiffre
de la uuvtaÇiç des sanctuaires thébains.

1 Notamment dans ma Lettre à M. Chabas (Journal Asiatique), dans ma ChreHomathie démotique, dans
ma Nouvelle chrestomathie démotique, dans le dernier numéro de la Zeitsçhrift de M. i.Ersius et dans le dernier
numéro (le la h'evue Erjyptologique.
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