Revue égyptologique — 1.1880

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H. Brugsch.

3° que, jusqu'à l'auuée 21 inclusivement, le fondateur de la dynastie Lagide figure
encore, avec son fils, comme roi vivant et non comme dieu, sur les protocoles, tandis qu'il
est devenu dieu et dieu sauveur, sur les mêmes protocoles, à partir de l'année 29 ;

4° que le sacerdoce du dieu Soter ', (sacerdoce qui ne fut d'abord point éponyme,
c'est-à-dire ne figura pas dans la date des contrats,) fonctionna seulement à Ptolémaïs en
Thébaïde, tandis que les autres cultes Lagides avaient leur siège dans la ville grecque
d'Alexandrie; (ce point est d'ailleurs établi nettement par les contrats de Pliilométor et des
rois postérieurs) ;

5° que le culte de Ptolémaïs, en l'honneur de Soter, resta ainsi isolé jusqu'en l'an 8
de Philopator, époque à laquelle le roi régnant unit son nom à celui de Soter, et fit men-
tionner le double sacerdoce de Thébaïde dans les contrats;

6° que cet ordre de choses subsista jusqu'au règne de Philométor, mais qu'alors, à
une date que nous pourrons bientôt préciser, mais qui certainement est postérieure à l'an 6,
et même à l'an 8, et antérieure à l'an 31, les sacerdoces de Ptolémaïs et d'Alexandrie
furent organisés sur le même modèle, et que Soter prit alors sa place chronologique dans
les deux, en attendant qu'Evergète II les réunit dans une seule énumération suivie des
mots : « comme il est établi à Racoti ( Alexandrie) et à Psoï (Ptolémaïs) en Thébaïde » ;

7° enfin que le sacerdoce de Thébaïde, quand il fut mentionné, ne le fut que dans
les actes rédigés dans cette province et non pas à Memphis ou dans la Basse Egypte, tandis
<pie le sacerdoce d'Alexandrie était éponyme dans toute l'Egypte.

(La suite à un prochain numéro.)

LE MOT ÀDON

Parmi les mots qui composent la langue et l'écriture des hiéroglyphes, il en est un qui
jusqu'à présent a résisté h tous les efforts que les savants se sont donnés pour en déterminer
le sens. Cette lacune dans la connaissance de la langue des anciens Egyptiens doit paraître
d'autant plus regrettable que l'emploi du mot en question est non seulement d'une grande

1 Champollion-Figeac (Annales des Lagides, Tome ier, p. 1 et 2) croit pouvoir fixer l'apothéose de
Soter à l'hiver qui suivit le couronnement de Philadèlphe,- et cela d'après un long passage d'Athénée
dans les Deipnosophistes. Mais je dois dire que c'est-là une erreur singulière. Car, ainsi que le remarque
Schwieguauser dans sa bonne édition d'Athénée, rien n'indique absolument la date des Dionysiaques ou
Bacchanales célébrées par Philadèlphe et dont Athénée nous donne la description. Ce qui me semble
certain c'est qu'il ne s'agit ni du couronnement de Philadèlphe, ni de l'apothéose de Soter. Lebeau est le
premier qui ait mis sur cette fausse jiiste, que bien des auteurs modernes ont suivie ensuite, sans vérifier
sans doute les textes. Les couronnes énormes mises, en grand nombre, sur les statues de Philadèlphe et
de son père, prouvent seulement, si l'on veut, que leur culte existait à cette époque, mais rien de plus.
Je penserais pour ma part que cette cérémonie, dans laquelle Bacchus, Silène, les satyres et le phallus
monstrueux, peint de diverses couleurs, jouaient le principal rôle, je penserais, dis-je, que cette bacchanale
eût plutôt lieu vers la fin du règne de Philadèlphe qu'au commencement. Athénée du reste ne nous apprend
qu'une chose, c'est qu'elle se fit en hiver. Mais de quel hiver s'agit-il V Là est la question, et disons do
suite qu'il est impossible de la trancher.
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