Revue égyptologique — 1.1880

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Revue bibliographique.

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quable. H est vrai que le sujet, (pris d'une façon trop générale,) est, par lui-même, encore plus difficile que
celui des mesures de capacité. Je crois, par exemple, qu'on pousse actuellement bien loin la manie de voir
des poids partout. Tout objet égyptien de petite dimension passe maintenant pour un poids, et on arrive
ainsi à des relations mathématiques qui ne sont jamais exactes entre ces prétendus poids. Je crois qu'il
faut s'en tenir aux renseignements positifs que donnent les monuments portant des inscriptions. C'est par
cette méthode que M. Chabas a autrefois déterminé la valeur du kat et de Youten, et M. Lepsius celle de
la coudée égyptienne '. C'est encore par cette méthode seule qu'on fera faire des progrès sérieux à cette
partie do la science. Ajoutons, d'une façon générale, [qu'il peut être dangereux de comparer des mesures
égyptiennes avec des mesures étrangères, (juives ou syriennes par exemple,) même portant un nom iden-
tique. Nous avons pu nous assurer en effet" que si les Hébreux et les Egyptiens avaient les mêmes appel-
lations pour la plupart des mesures, des monnaies etc., ils leur donnaient souvent une valeur bien différente.

3° Une histoire de l'Egypte depuis le règne de Psammétique Ier jusqu'au règne d'Alexandre le grand
par le docteur Wiedemann (de Leipzig). Ce livre est œuvre d'ôgyptologue et d'égyptologue distingué, parfaite-
ment au courant du reste de toutes les sources grecques, ce qui, dans notre école, est malheureusement assez
rare. Aussi y trouve-t-on mises à profit toutes les données classiques, toutes les allusions même, fournies, en
passant, par les auteurs, en même temps que tous les documents originaux égyptiens des divers musées
d'Europe (que M. Wiedemann est allé soigneusement compulser) et les publications ôgyptologïques les plus
récentes. En ce qui concerne les 28°, 29° et 30° dynasties, par exemple, M. Wiedemann s'est heureusement
servi de la première analyse que j'avais publiée de la Chronique démotique de Paris. J'aurai donc, à ce sujet,
à parler encore de son Histoire, dans le numéro d'Avril de la Bévue égyptologiqùe (année 1881).

4° La première partie d'un travail sur Tacite et V Orient, par M. le docteur J. Kiiall (de Vienne),
qui se fait remarquer par des qualités fort analogues à celles de M. Wiedemann. L'auteur se propose de com-
menter les passages de Tacite relatifs à l'Orient à l'aide des documents orientaux eux-mêmes. Dans cette
première partie, il étudie les textes de Tacite sur Serapis (Hist., IV, 83, 84).

5° Une brochure intitulée Epigrammata graeca in Aegypto repei-ta, par M. le docteur Puciistein (de
Poméranie), attaché au Musée égyptien de Berlin. La plupart des inscriptions en question ont été rapportées
d'Egypte par M. Lepsius. L'une d'elles, (Tépitaphe curieuse d'un uraeus sacré), est entièrement inédite. Toutes
ont été revues sur l'original, publiées avec soin et accompagnées de bonnes notices et parfois de traductions
complètes. Nous aurons occasion de citer plus longuement cette brochure en étudiant la partie démotique
du bilingue de Moschion dont MM. Lepsius et Puchstein ont bien voulu m'envoyer les estampages.

6° Un gros volume de 600 pages publié par M. le baron Textok de Kavisi (de Saint Etienne) et
intitulé : Congrès provincial des orientalistes français. — Egyptologie. Nous y remarquons:

a) Une excellente étude de notre illustre maître M. Chabas : Sur les libations chez les anciens Égyptiens.
Cet article, (le dernier qui ait paru de M. Chabas), a été déjà utilisé par nous dans la série d'articles : Sur
les taricheutes et les choachytes que nous publions actuellement dans la Zeitschrift2 de M. Lepsius. Mais il
faut le lire lui-même; et nous ne saurions trop inviter nos confrères à voir cette dernière perle.

b) Une fort intéressante monographie de M. Gtolenischeff (de Saint-Pétersbourg) : Sur un ancien chapitre
du Livre des Morts. Comme l'a fort bien dit M. Golenischeff, on a trop négligé cette branche d'études si
bien inaugurée cependant par la belle publication de M. Lepsius intitulée : Aelteste Texte des Todtenbuchs.
Le chapitre dont il est ici question se trouve sur deux sarcophages ainsi que sur une stèle de la Biblio-
thèque nationale. C'est d'après cette stèle, paraissant plus correcte, que M. Golenischeff en reproduit le
texte. M. Ledkain l'a également donné dans sa publication intitulée : « Les monuments égyptiens de la Biblio-
thèque nationale. — Cabinet des médailles et antiques», publication qui porte la date de 1879.

ci Une réponse à cette question : Les anciens Egyptiens connaissaient-ils le mouvement de la terre?
M. Lieblein 3 (de Christiana) se prononce pour l'affirmative, comme l'avait déjà fait M. Chabas, et il s'appuie
surtout sur ce passage du papyrus Harris où il est dit que Ptah a fondé la terre:

\VW\A

* n WsX. _ A™*™ T=T ^-«=» M WAAA

<-~- '' Y—ZI ^ -J AAAW V \<__> 1 A^/W\A

«La circulant dans le grand océan du ciel.» ,
M. Lieblein consacre son article à prouver que tel est le sens de la phrase et que rer signifie

toujours circuler dans les GO exemples recueillis par lui et jamais entoure); comme MM. Bihcii et Eisenlohb
avaient traduit dans le passage ci-dessus. M. Lieblein cite pourtant entre autres (p. 131 et 135) deux

1 Pour la coudée nous avons même une source précieuse de comparaison : d'une part les coudées conservées dans nos musées,
et d'une autre part les estimations de dimension données par les textes égyptiens sur certains temples encore existants.

1 Nous n'avions alors qu'un tirage à part que M. Chabas nous avait envoyé de son article. Mais le volume contenant l'ensemble
des divers travaux vient seulement de paraître il y a quelques jours.

3 A ce propos nous devons dire que, dans une lettre récente, M. Lieblein réclame à propos d'une erreur de fait portant sur une
attribution do priorité et commise dans le premier article, paru dans la Zeitschrift, de notre travail Sur les Paraseliistcs et les Choachytes.
Il a signalé depuis longtemps l'ami yenti et l'ami asi, prêtres escortant le sam dans le liitucl expliqué par M. Schiaparclli. Ce n'est
donc pas notre ami Scbiaparelli qui a fait connaître ces prêtres, le premier, comme il le croyait.
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