Société de l'Histoire de l'Art Français [Editor]
Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art Français — 1912

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lante?... Ne serait-ce pas aussi bien un comédien? Cet
homme ne joue-t-il pas un rôle comme le Larive de Hou-
don? Nous avouons n'avoir aucune solution précise à pro-
poser à cette question de l’identité du personnage. »

Dès la première fois que je vis le buste en question, il
y a quelques années, j’eus l’impression que la physiono-
mie très caractéristique de ce personnage me rappelait
étrangement un pastel de J.-B. Perronneau, aujourd’hui
au Musée d’Orléans, le portrait du licencieux poète Robbé
de Beauveset. Depuis, en dépouillant la correspondance
de Robbé avec son oncle Desfriches, j’appris que J.-B.
Lemoyne avait fait le buste de Robbé. En effet, dans une
lettre qu’il n’a pas datée, Robbé écrit à Desfriches : « J’ay
été voir ces jours-cy aux galeries notre ami M. le Moine
qui m’a fait voir ma figure sortant du four. Falconnet,
qui s’y est trouvé, est tombé en extase à l’aspect de ce
qu’il appelle le chef-d’œuvre de M. le Moine. » Dans
une autre lettre à Desfriches, en tête de laquelle celui-ci
a écrit cette note : « Il parle de son buste en terre que
j’ay, fait par Lemoine en 1767 », Robbé écrit : « Gerbier,
qui est parti Dimanche pour Aulnoy, avoit été le matin
chés le Moine pour y voir réciter des vers à l’argile dont
il m’a formé. Malheureusement, il n’y étoit pas. Monet a
été plus heureux, il est sorti enthousiasmé de ce qu’il
avoit vu. » En ce qui concerne la date du buste, Des-
friches, qui très vraisemblablement annota les lettres de
Robbé longtemps après les avoir reçues, fait erreur; c’est
en 1765 et non en 1767 que Lemoyne modela le buste de
Robbé. Je relève en effet, dans une lettre de dom Jour-
dain à Desfriches, datée du 14 janvier 1765, le passage
suivant : « Je n’ay point vu le sieur Peronneau, je ne vous
ay jamais dit que je n’ay pas été content du portrait qu’il
a fait de M. Robbé; il a saisi la ressemblance extérieure,
mais il n’a pas seu peindre l’âme, le feu et l’enthousiasme
de ce poète célèbre. Je souhaitte que le sieur le Moine
soit plus heureux. »

Le buste de Robbé figura au Salon de 1765, sous le
n° 191, avec deux autres terres cuites de Lemoyne, le
portrait de Garrick et une tête d’étude. L’auteur de la
Lettre à M*** sur les peintures, sculptures exposées au
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