Société de l'Histoire de l'Art Français [Editor]
Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art Français — 1912

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NOTES ET DOCUMENTS.

GIRODET ET LES DAMES ROBERT.

En 1774 le sieur Charles Bazin, qui était contrô-
leur de la maison de la nouvelle reine Marie-Antoi-
nette, et sa femme Madeleine Thibault donnèrent le
jour à une petite hile que l’on prénomma Fran-
çoise. Dès quinze ans, celle-ci manifestait une pré-
cocité singulière tant pour les arts que pour la
littérature; musique, peinture, italien, latin même,
elle s’assimilait tout avec une facilité surprenante.
De sorte qu’à dix-neuf ans, nantie d’un semblable
bagage, c’était une jeune hile accomplie1 quand elle
épousa, en pleine Terreur, en 1793, M. Jean-Baptiste
Robert, hls d’un contrôleur du Conseil d’Artois et
qui occupait alors un emploi « à la Grosse artillerie ».
De cette union naquirent trois enfants : Fanny, en
1795, Caroline, en 1796 (ce fut la mère de Charles
Rossigneux2 et la grand’mère de M. Gabriel Bour-

1. Heinsius, portraitiste habituel des Bazin (il a peint de
même le père, la mère, l’oncle et le nouveau mari de Fran-
çoise, coll. G. Bourdon), ne manqua pas à cette occasion de
tirer d’un modèle charmant un merveilleux portrait; il faut
regretter que, sorti de la famille, il appartienne actuellement
à un collectionneur étranger, le colonel Raine. Mais ceux qui
l’ont vu en 1909 à Bagatelle, où il était exposé sous le n" io3,
ne peuvent pas l’avoir oublié.

2. Caroline Robert, qui épousa, en i8i3, Louis Rossigneux,
receveur des finances de la ville de Paris, en eut un fils aîné,
Charles, l’architecte décorateur bien connu (1818-1907). On se
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