Société de l'Histoire de l'Art Français [Editor]
Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art Français — 1912

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don), enfin, en 1801, un fils nommé Édouard. Fata-
lité qui devait être pour les malheureux parents une

continuelle cause de tristesse, sur ces trois enfants,

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deux, Fanny et Edouard, étaient nés sourds-muets.

A cette époque, l’institution créée, avec l’appui de
Louis XYI, par le saint abbé de l’Épée, venait de
conquérir, sous la sage direction de son disciple et
continuateur l’abbé Sicard, une renommée euro-
péenne. C’est à l’abbé Sicard que les époux Robert
confièrent dès l’âge le plus tendre l’éducation de leurs
deux enfants. Fanny, née en 1795, avait donc seule-
ment dix ans lorsqu’en février i8o5 elle bénéficia de
la fortune inattendue d’un entretien peu banal avec
un personnage assez intimidant ; c’était tout bon-
nement le pape Pie VII, venu comme on sait pour
le sacre de l’empereur et retenu à Paris de novembre
1804 à avril i8o5. Sans doute Mme Robert, utilisant
sa connaissance approfondie de l’italien, avait-elle
aidé à l’inspiration du compliment que la petite
Fanny composa gentiment devant le Saint-Père; elle
lui en remit le texte avant de lui figurer par signes les
mots qu’elle venait d’écrire. Les Débats, qui men-
tionnent l’incident (samedi 6 ventôse an XIII, 23 fé-
vrier i8o5), nous ont conservé ce compliment : « Jésus-
Christ aimait les enfants. Votre Sainteté les aime
comme lui. Vous daignez jeter des regards de bonté
sur des sourds-muets. Je me félicite d’avoir recouvré
la parole pour être l’interprète des sentiments de
ceux dont je partage l’infortune et je vous exprime
en leur nom leur respect, leur admiration, leur

rappelle sa rétrospective au Musée des Arts décoratifs. Une
sœur cadette de Charles Rossigneux épousa M. Bourdon, éga-
lement receveur des finances, et fut la mère de M. Gabriel
Bourdon. C’est à l’extrême obligeance de ce dernier que nous
devons d’avoir pu, tout à notre aise, compulser les curieuses
archives de famille qui nous ont permis cette communication.
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