Société de l'Histoire de l'Art Français [Editor]
Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art Français — 1912

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Sopoderer de Parisio, architectus ». Duvivier et Sopoderer
sont-ils un seul et même individu? Cela paraît probable,
puisque l’Académie de Rome n’avait encore reçu qu’un
seul élève architecte, celui que les Comptes désignent
sous le nom de Duvivier le jeune.

En présence de ces obscurités, nous avons recherché
à quelles circonstances cet inconnu pouvait devoir la
faveur singulière dont il avait bénéficié. Une coïncidence
remarquable nous a frappé tout d’abord. L’article des
Comptes de i665 qui précède celui où paraît notre jeune
architecte est ainsi rédigé : « A damoiselle Françoise
Duvivier, à compte de 25,000 livres à elles accordées pour
le prix de la bibliothèque du sr Du Fresne, son mari,
2,700 livres. » Puis, le compte de 1666 complète ainsi la
mention de l’année précédente : « A la damoiselle Du
Fresne, parfait payement des livres qu’elle a vendus au
roi, 23,000 livres. » Sur cette acquisition royale, on pos-
sède de curieux renseignements. Le mari de la demoiselle
Duvivier, le sieur Raphaël Trichet Du Fresne, avait rem-
pli auprès de la reine Christine de Suède l’emploi de
secrétaire; ses séjours en Italie lui avaient procuré les
moyens de former une précieuse collection de livres et
de manuscrits en diverses langues. Un catalogue de la
collection parut en 1662 sous ce titre : « Catalogus libro-
rum bibliothecœ Raphaelis Tricheti Du Fresne. Parisiis,
in-40. » L’ex-secrétaire de la reine Christine venait alors
de mourir et la veuve s’empressa de liquider la succession
de son mari. Onze cents volumes sur l’histoire d’Italie
passèrent alors dans la bibliothèque de Fouquet; Colbert,
de son côté, ne tardait pas à acquérir pour le roi les
manuscrits grecs, au nombre de quarante, plus cent ma-
nuscrits, tant latins que français, italiens ou espagnols.
Le tout avait été estimé 25,000 livres qui furent, comme
on vient de le voir, presque immédiatement payées. L’acte
de vente, conservé au Cabinet des manuscrits de la
Bibliothèque nationale, nous apprend que la veuve Du
Fresne reçut, en plus du prix principal, une somme de
5oo livres pour ses épingles. Le commis du libraire eut
pour sa part une gratification de 200 livres.

Ces largesses n’indiquent-elles pas que la dame Du
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