Société de l'Histoire de l'Art Français [Editor]
Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art Français — 1912

Page: 161
DOI article: DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/bshaf1912/0177
License: Free access  - all rights reserved Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
— 161

depuis l’année 1792 jusqu’à son attribution à la Cour d’ap-
pel en 1808; c’est le résultat de ces investigations que
nous nous proposons de vous faire connaître.

Lorsque le Parlement de Paris cessa ses fonctions le
14 octobre 1792, la municipalité parisienne fit apposer le
lendemain les scellés sur les archives et greffes des juridic-
tions supprimées, notamment sur ceux du Parlement; le
procès-verbal dressé à cette époque ne donne aucune indi-
cation sur les objets mobiliers. Le 9 septembre 1791, le sieur
Rémy-Victor Gaillard fut chargé, en vertu d’un mandat spé-
cial, de procéder, de concert avec les commissaires de la
Municipalité, à la description des objets mobiliers du
Palais, tels que livres, tableaux, vases sacrés, ornements
de chapelles et autres effets existant dans les chambres et
divers locaux du Palais. Cette opération, commencée le
4 janvier 1792 par le commissaire en question, assisté de
deux officiers municipaux, Couart et Cardot, se poursui-
vit plusieurs mois durant. Voici ce que nous relevons
dans le procès-verbal officiel dressé par les commissaires
à la date du mardi 10 janvier 17921 :

Chambre d’audience du tribunal établi par la loi du 14 mars
dernier2, ci-devant Cour des Monnaies.

Sur la face opposée à celle de la cheminée est un tableau
peint sur bois et à fond doré représentant un Christ, la Sainte
Vierge, saint Jean, la Madeleine, Charlemagne et saint Louis,
ledit tableau dans sa bordure dorée et d’environ 6 pieds de
long sur 5 pieds et demi de haut.

D’après l’énumération des personnages qui figurent
dans ce tableau, il y a lieu de croire qu’il s’agit du célèbre
triptyque du xve siècle.

Plusieurs années s’écoulèrent sans que l’on s’inquiétât
du sort des tableaux restés sous les scellés au Palais de
Justice. On ne voit pas que la Commission des Monu-
ments soit intervenue, si ce n’est que le i3 décembre 1793,

1. Arch. nat., U 1004.

2. Un décret du i3 mars avait décidé l’établissement au
Palais de six tribunaux criminels pour le jugement des pro-
cès en souffrance.
loading ...