Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 1.1869

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GALERIE KOUCHELEFF

lusieuks des grandes collections for-
mées en France pendant le xvme siècle
se sont dispersées au moment de la Ré-
volution, et les tableaux qui les compo-
saient ont, en grande partie, passé dans
les pays étrangers, notamment en Rus-
sie. Telle fut l’origine de la galerie
Kouchelelî, qui fut formée par le prince
Alexandre Besborodko, grand chancelier
de l’empire et ministre des affaires
étrangères sous le règne de Catherine II
et Paul 1er. Le prince étant mort en 1800, la galerie passa à son frère et
de lui à sa fdle aînée, mariée au comte Koucheleff; elle fut ensuite divi-
sée entre les deux fds du comte, dont l’un donna sa part à l’Académie de
Saint-Pétersbourg. L’autre partie vient d’être envoyée en France pour y
être vendue. Telle qu’elle est, cette collection, qui ne forme, comme on
le voit, qu’une partie de la galerie primitive, offre des peintures du plus
grand intérêt, principalement dans l’école hollandaise. Sans nous arrêter
à passer en revue tous les tableaux qui la composent, nous allons indi-
quer ceux qui nous ont le plus frappé, en faisant observer toutefois que
plusieurs tableaux importants qui doivent famé partie de la vente n’étant
pas encore arrivés, il ne nous est pas possible d’en faire un compte rendu
complet.

Nous commencerons par les paysagistes, qui sont les plus nombreux
et les mieux représentés. Le patriarche du paysage familier en Hollande
est Jean Wynants : c’est lui qui le premier s’est aperçu que la nature
était belle à la porte de sa ville natale, et il a toujours travaillé aux en-
virons de Harlem. Ses élèves, Wouwermans, Van de Velde, Lingelbach,
ont peuplé ses tableaux de petites figures spirituelles qui se marient ad-
mirablement à ses paysages, en leur laissant toute l’importance. Le ta-
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