Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 19.1879

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LE MUSÉE DE L’ERMITAGE-A SAINT-PÉTERSBOURG.

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comprendre la fougue d’imagination et la sûreté de main du grand maître
hollandais.

Dix dessins de Rubens dont plusieurs — le Martyre de saint Etienne
entre autres —, sont des dessins de graveurs. Le seul dont l’authenticité
m’ait paru hors de doute est le Portrait d’Hélène Formait, au crayon
noir, réchauffé de hachures rouges à une époque plus moderne. Son élève
Jacques Jordaens est mieux partagé. Le Repas chez Simon le Pharisien
et le Christ en croix sont superbes.

Je regrette de faire la chasse aux attributions, mais je ne crois
pas authentiques les douze feuilles de portraits attribuées à Yan Dyck.
Elles représentent bien les personnages gravés par Yan Dyck lui-
même, mais elles ont été exécutées d’après les gravures par une main
hésitante, si on la compare à l’élégante légèreté du jeune peintre d’An-
vers.

Dans l’Ecole allemande je me rappelle une Statue de la Vierge, au
crayon noir relevé de blanc, sur papier bleu, attribuée à Yan Mecken.
Les points de comparaison me manquent pour discuter l’attribution, mais
il est certain que l’exécution est plus maniérée que celle de l’École fla-
mande et se rapproche de celle des Vierges de l’École allemande du
musée de Cologne. Très-beau dessin marqué de l’M de Mariette. C’est
un titre de noblesse.

Le catalogue attribue à Hans Idolbein un beau Portrait cl’homme
coiffé d’un chapeau rond grandeur naturelle, à mi-corps. Le Musée de
Bâle et les collections anglaises nous ont appris de quelle façon Ilolbein
exécutait ses dessins, et permettent de contredire l’assertion du livret.
Je crois cette œuvre sortie d’une main française dans les premières
années du xvie siècle. Quel nom pourrait-on proposer? Je n’en sais rien.
Dans ces épineuses questions d’attribution, il est plus facile de dire de
qui n’est pas une œuvre que de dire de qui elle est.

La collection possède cent trente-deux dessins des Dumonstier et de
leurs élèves provenant de la vente de Mariette (nos 1228, 1229, 1422
de son catalogue). Cinq seulement sont exposés, mais le livret se trompe
quand il les regarde tous les cinq comme l’œuvre de Daniel Dumonstier,
le plus connu de la famille. 11 y a eu au moins huit artistes du nom de
Dumonstier depuis Geoffroy, qui vivait en 1547, jusqu’à Nicolas mort en
J 667. Tous ont fait des crayons et tous ont eu de nombreux imitateurs
et de nombreux copistes, ce qui embrouille singulièrement la question.
Cependant, ne fût-ce que par le costume, il est difficile d’attribuer à
Geoffroy ou à son fds Cosme des crayons composés par Daniel ou par
Pierre, ou par Estienne II. Le livret se trompe encore en faisant mourir
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