Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 19.1879

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MUSÉES DU NORD.

MUSÉE IMPÉRIAL DE L’ERMITAGE

A SAINT-PÉTERSBOURG

(TROISIÈME ARTICLE1)

ÉCOLE FLAMANDE.

lle s’ouvre par la magnifique Salutation
angélique de J. Van Eyck, provenant de
la vente du roi de Hollande, où elle fut
payée 13,100 francs en 1850, c’est-à-dire
la dixième partie de ce qu’elle vaudrait
aujourd’hui. La Vierge occupe le coin
droit, tournée à gauche, du côté de l’ar-
change Gabriel venant de gauche et tourné
à droite. Le contour des figures est cerné
par un trait noir très apparent, particu-
larité que l’on ne rencontre, que je sache, sur aucun autre tableau de Van
Eyck. La scène se passe dans le transept droit cl’une église gothique à
triforium à baies carrées, dont le linteau repose sur despilettes de granit
rose. Les ogives de la nef portent sur des colonnes coiffées de chapiteaux
romans. Le carrelage de l’aire se compose de plaques émaillées dont les
encadrements sont ornés aux angles des signes du zodiaque. On distingue
le Lion, le Cancer, la Vierge, le Sagittaire, rendus avec une étonnante
précision. Je n’insiste pas sur le mélange de réalisme et cl’idéal, empreint
dans cette œuvre au même degré que dans toutes celles de Van Eyck, et
qui constitue l’originalité de ce grand maître. Ce serait répéter ce qui a
été dit par tout le monde. Mais j’appelle l’attention sur l’exécution

■1. V. la Gazette des Beaux-Arts, période, t. XIX, p. 178 et p. 342.
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