Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 19.1879

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LES ARTISTES BELGES

J.-B. MADOU

Madou est enfant de Bruxelles; il y naît
en 1796, il y meurt en 1877. Ce grand espace
est tout rempli de travail : pas une minute
n’est perdue, et nous le retrouvons au dernier
jour aussi ferme, aussi actif qu’au début de
sa carrière. C’est toujours un bel exemple
que l’abondance de la production chez un
artiste. On était si habitué à la verdeur de
celui-ci qu’il s’est mêlé un peu d’étonnement
au deuil causé par sa perte. On n’allait plus
le revoir, on n’allait plus assister à sa petite
comédie; les ficelles échappées à ses mains
glacées n’allaient plus mettre en mouvement
les petits acteurs, bien vieux déjà cependant,
auxquels, non sans complaisance, on accordait
le sourire bienveillant qu’on a pour d’an-
ciennes connaissances ! Et ce qu’on appelait,
lui vivant, l’esprit, la bonne humeur, l’en-
train de Madou, a été bien près de se trans-
former en gloire après lui, le ravissement des
femmes aisément charmées rendant complice
petit à petit l’admiration plus prudente des
hommes, si bien qu’aux enchères, lorsqu’il y a trois mois on vendit les
portefeuilles du vieux et charmant artiste, la passion commune fit monter
à des prix inattendus l’œuvre délaissée de son atelier. Il me suffira de
rappeler que des esquisses se vendirent 3,200 francs, des aquarelles 2,150

XIX. — 2e PERIODR

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