Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 19.1879

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EUGÈNE FROMENTIN.

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El 83. — Foukhala ; printemps.

El 84. — Biskra; un enterrement.

14 85. — Marabout dans l’oasis.

0 86. — Tolga; village des Zibans.

1187. — Plaine de En-Furchi; route de Constantine à Batna.

1188. — Douar sédentaire; effet du matin.

1189. — Douar sédentaire ; effet du soir.

Aucun de ces tableaux, qui étaient plutôt des études que des tableaux
composés, n’a été revu, sauf le premier, à l’exposition du quai Mala-
quais.

De ce temps (ISA6 à 1852, année de son troisième voyage en Afrique)
datent un certain nombre de dessins qui ont paru à sa vente après décès.
Us sont d’une exécution plus écrite, plus précise et cependant beaucoup
plus timide que les suivants, mais d’une justesse pittoresque déjà très
remarquable. Ils sont faciles à reconnaître, Fromentin se servant alors
pour ses études des deux crayons, mine de plomb ou crayon Conté, et de
sanguine, et de papier blanc jaunâtre assez épais. La Smala d’Hamed-bel-
Hadj, la vue d’Oasis que nous avons reproduite et celle que nous repro-
duisons ici en tête de page, ainsi que l’Arabe sur un chameau qui figure
en lettre dans notre précédent article, sont de ce moment. Il y a lieu
même de présumer, d’après le passage d’une de ses lettres à M. Du
Mesnil qu’ils ont été exécutés dans un endroit déterminé.

... Je ne vous parle pas du séjour que nous venons de faire dans une tribu saha-
rienne à dix lieues dans le Sud, chez notre bien regrettable ami le scheik Si Hamed-
bel-Hadj ben Ganah. Ce sont des jours uniques. Je ne veux pas déflorer ce sujet, qui
mériterait un récit religieux. C’est certainement la perle fine de mes souvenirs.

Ah ! cher ami! cher pauvre ami, toi qui mets un point d’exclamation après Sidi—
JMaloui ! cher ami, que n’as-tu passé avec nous ces soirées silencieuses, sous la tente
en laine noire, au centre du grand douar nomade, notre hôte à côté de nous, la porte
de la tente ouverte au levant sur l’interminable horizon du désert, pendant que le
soleil se couchait sur l’autre horizon, sans bornes aussi, et que les troupeaux de cha-
meaux défilaient sur le ciel rouge. J’ai des dessins, des croquis et des notes de tous
ces lieux-là.

Un projet de publication qui séduisit alors Fromentin peut nous
expliquer leur facture particulièrement soignée, sans compter cette règle
générale du début, chez les peintres, qui est la manière sèche. On trouve
trace de ce projet, qui d’ailleurs n’eut pas de suite, dans un fragment de
lettre publié par M. Burty1; il avait sans doute pensé, avec son compa-

1. Les Dessins d’Eugène Fromentin. Paris-Londres, 1877, 1 vol. in-folio.
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