Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 19.1879

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GAZETTE DES BEAUX-ARTS.

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dans des archives jusqu’alors inabordables, et dont l’existence même
n’était connue que de quelques rares érudits. Il faut avoir fait le métier
de chasseur de documents pour comprendre l’émotion qui s’empara de
nous en pénétrant dans le mystérieux dépôt dont aucun savant, depuis
l’époque d’Alexandre VII, c’est-à-dire depuis plus de deux siècles, n’avait
franchi le seuil. Le premier coup d’œil était bien fait pour provoquer les
espérances les plus riantes. Sur un quadruple rang de rayons s’ali-
gnaient de longues séries de registres reliés en parchemin et soigneuse-
ment étiquetés. Mais un examen plus approfondi ne tarda pas à refroidir
notre enthousiasme. L’immense majorité de ces volumes avaient trait à
la période la plus connue de l’histoire de Saint-Pierre, celle qui com-
mence avec Clément VII. Cinq ou six registres à peine, à moitié pourris,
se rapportaient aux travaux exécutés sous Jules II et Léon X. Nous avons
étudié ces précieuses épaves avec toute l’attention qu’elles méritaient.
Au lecteur de décider si les résultats ont été en raison des efforts.

I.

L’initiative de la reconstruction de Saint-Pierre remonte, comme on
sait, au premier et au plus ardent champion de la Renaissance, Nico-
las Y. Il était à peine monté sur le trône (mars f/tA7), qu’il donna l’ordre
de démolir les boutiques qui encombraient l’atrium de la basilique,
tant était grand son désir d’achever les travaux, d’ailleurs secondaires,
commencés dans cette région par son prédécesseur, Eugène IV1. Mais son
ambition ne devait pas s’arrêter là. Dès qu’il se trouva en possession des

1. « Apotheca cum litera A, apolheca cura litera B, apotheca cum literaC, apolheca
cum litera D. Nunc vero dicte apothece de presenti anno mccccxlvii, de mandato S.
D. N. pape, fuerunt pro raajori parte ruinate. Et certa pars que remansit locatur per
Capitulum. Apotheca cum litera R est in ruina; apotheca cum litera H fuit in ruina.
Apolheca rétro sepulcrum imperatoris (le tombeau d’Othon II) est in ruina. Apotheca
sub navi musaica (la Navicelle de Giotto) fuit ruinata de presenti anno mccccxlvii, in
mense aprilis de mandato S. D. N. pape. »

L’atrium de l’ancienne basilique de Saint-Pierre était occupé par des boutiques de
peintres et d’orfèvres. Les uns vendaient des images de dévotion, les autres des
médailles, des chapelets, etc. Les boutiques ont disparu; mais l’industrie subsiste
encore; elle a son siège principal dans la rue qui conduit du château Saint-Ange à la
place du Vatican. L’extrait suivant nous fait connaître les noms de plusieurs de ces
artistes-marchands : 1409, 5 avril. « Locavimus loca ymaginariorum de porticu pon-
tificum infra scriptis sex personis, videlicet : Palutio Bellomo, Lello dello Monte,
Petro Paulo Paloni, Lutio Pauli Bruni, Johanni Mathei et Lello Nutii, pictoribus,
pro uno anno, etc. »
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